One shot, numéro 9

Au programme de ce one shot : des croquemitaines, l’immortalité, une enquête criminelle à Barcelone, un robot plus vrai que nature, et une série de meurtres au familistère.

Croquemitaines

Comme dans l’épisode précédent, je triche un peu, il s’agit de l’édition intégrale et pas un one shot. Initialement paru en deux tomes, une édition intégrale est sortie par la suite. L’histoire est relativement courte au point de dire que le choix de deux tomes est commercial. L’intégrale comporte un cahier de croquis complet, encore commercial ?

C’est l’histoire d’un enfant interrogé par les forces de l’ordre, elles veulent savoir ce qui s’est produit la nuit du drame. L’enfant ne peut rien dire, il a été le témoin d’une guerre entre les croquemitaines. En effet, depuis des années, le petit explique à son père qu’un croquemitaine vit dans sa cave avec un loup. Il se trouve que lorsqu’un fou sous l’emprise d’un croquemitaine entre dans la maison pour tuer tout le monde, le croquemitaine de la cave fait son apparition.

Dans l’univers de Mathieu Salvia, les croquemitaines récents auraient mangé les anciens contrairement aux règles. Il se trouve que le croquemitaine de la cave est un grand ancien qui avait renoncé à ses crimes.

L’histoire n’est pas si originale. En effet, le grand méchant qui ne veut plus faire de mal, est un classique qu’on retrouve chez les vampires, notamment chez Anne Rice. De la même manière, la jeune génération qui s’en prend aux plus âgés est aussi un classique traité dans les films underworld. L’idée du croquemitaine à part dans Monstres et Cie est rarement exploitée, ce qui est assez intéressant. Le dessin de Djet est particulièrement convaincant, très dynamique, faisant penser à du comics. L’ensemble donne une bande dessinée classique mais particulièrement efficace.

Le Sang des Immortels

Dans le futur, on trouve un vaisseau avec à son bord un seul survivant. Ce dernier devrait être mort, mais on constate que ses tissus se régénèrent. Il explique qu’il est immortel et finit par se suicider en se jetant dans l’espace. L’histoire qui aurait pu sembler farfelue intéresse au plus haut point des états, des entreprises et même l’église. Une expédition part sur la planète sur laquelle se rendait le vaisseau afin de trouver l’origine de l’immortalité.

À leur arrivée, la navette se crashe suite à un sabotage. Il ne reste que quatre survivants sur une planète particulièrement hostile. Ces derniers se regardent en chien de faïence en se demandant si le traître est mort dans l’accident ou s’il se trouve parmi eux.

Dans le sang des immortels, on échappera difficilement aux poncifs sur la vie éternelle. Il faut dire que dans le domaine, tout a été écrit ou presque. En fin de compte, rien de bien original dans la réflexion. Le one shot reste toutefois intéressant dans la traque de l’animal qui donne l’immortalité, et les quelques rebondissements que réserve l’aventure.

L’art de mourir

Philippe, un policier français, débarque à Barcelone. Il est convoqué par la police pour lui présenter un corps. D’après la lettre de suicide, la morte, le désigne comme son père. Philippe reconnait deux choses. L’écriture de son ex-femme et la jeune femme présente sur la table est le sosie de cette dernière 25 ans plus tôt. Philippe n’était bien sûr pas au courant de sa paternité.

Intrigué, il va mener l’enquête pour comprendre ce qui est arrivé à cette fille qu’il n’a jamais connue. Il découvre que cette dernière était une spécialiste de la peinture et plus précisément d’un peintre ami de Picasso. C’est autour de ses tableaux que se trouve le mobile du meurtre.

L’art de mourir est une bande dessinée qui rentre de façon aisée dans les séries B. Certaines scènes sont totalement surréalistes, notamment vers la fin, quand Philippe Martin tue une bonne dizaine de truands. Et comme toute bonne série B qui se respecte, si on fait abstraction des incohérences, c’est plutôt réussi. Ceux qui connaissent Barcelone seront ravis de redécouvrir en bande dessinée des lieux qu’ils connaissent déjà.

Made in Korean

Dans un monde d’anticipation, les gens peinent à avoir des enfants. Les plus fortunés se tournent vers des robots. Un couple aux États-Unis se trouvant dans cette situation, mais n’ayant que peu de moyen financier, tombe sur une super affaire. Il se trouve que de l’autre côté de la terre, en Corée, dans l’usine qui fabrique ces robots, un développeur a cassé le code. Il a en effet doté de conscience un robot et s’est débrouillé pour le faire placer dans cette famille.

On comprend à travers ces lignes que nous sommes dans les classiques : Pinocchio, I Robot et tant d’autres. Les œuvres dans lesquelles la création échappe à son créateur, sur les robots, ne manquent pas.

Made in Korean est un one shot qui ne brille pas par son originalité. Il prend toutefois un tournant inattendu. En effet, Jesse, du fait de son « humanité », cherche à socialiser. Elle se lie d’amitié avec des jeunes violents. Pas très original non plus, puisque le personnage candide fait en fin de compte les mauvais choix. Le traitement reste réussi et dans l’histoire qui accroche et dans un dessin épuré qui fait penser au manga.

De briques et de sang

L’ouvrage de Hautière et François m’aura appris quelque chose : le familistère de Guise. L’action se déroule avant le début de la guerre de 14-18, dans ce familistère dans lequel une série de meurtres se produit. Un journaliste et une des habitantes vont mener l’enquête. L’histoire en elle-même n’a rien d’extraordinaire puisqu’il s’agit d’un policier particulièrement classique dans lequel se succède des crimes. Nos enquêteurs cherchent le lien entre chaque décès pour la classique vengeance des familles.

Le contexte du familistère est en outre plus intéressant. On découvre que l’entrepreneur Jean-Baptiste André Godin créé une ville complète autour de l’usine. Pas seulement des logements, mais des magasins, une école, une pouponnière. Il ne s’agit pas, à l’instar d’un Elon Musk qui veut construire une ville pour ses salariés, de simplement regrouper le personnel, mais d’un modèle social. Je vous invite à lire la page de Wikipédia, c’est une histoire assez intéressante, il faut que je demande @benjamin s’il connaît.

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