Le livre de la jungle

Le livre de la jungle est à l’origine un recueil de fables écrit par Rudyard Kipling en 1894. Ce dernier avait vécu pendant six ans en Inde. Il ne s’agit donc pas d’une histoire unique, mais d’un ensemble d’histoires. Je vous propose un petit tour d’horizon du dessiné animé bien connu Mowgli au live. Je terminerai par la suite imaginée par Desberg. Un Mowgli à l’approche de sa mort, qui retourne à ses racines.

Le livre de la jungle par Disney en dessin animé

L’histoire originale n’a pas vraiment changé. Mowgli est un enfant qui est recueilli par des loups, éduqué par la panthère Bagheera et par Baloo, l’ours. Nous sommes dans un dessin animé Disney, dans les années 60, il est important d’avoir un côté binaire et manichéen. Par exemple, Baloo l’ours sympathique pour qui il en faut peu pour être heureux est éloigné du personnage original. En effet, c’est à Baloo d’éduquer les louveteaux et par la même occasion Mowgli. L’éducation de Baloo est sévère, Baloo ne rigole pas.

Enfin, Kaa le serpent, même s’il est décrit dans le livre comme un prédateur redoutable, il est l’allié de Mowgli dans le livre. Pourtant, dans le dessin animé, le serpent vise à dévorer l’enfant. On peut supposer que dans les références judéo-chrétiennes, dans un état croyant comme les États-Unis, il ne pouvait en être autrement. En effet, le serpent représente le mal, le tentateur, Disney ne pouvait pas le présenter comme un allié du héros.

On notera d’ailleurs que cet éloignement du livre original est volontaire. Il s’agit du dernier Disney créé par Walt et il avait donné pour consigne de ne pas lire le livre !

Le livre de la jungle par Disney en film

Contrairement à des films comme Dumbo ou les aristochats, le livre de la jungle n’a pas grand-chose à se reprocher. On sait que Disney a tendance à mettre au placard certains de ses animés pourtant reconnus comme des classiques. En effet, certaines scènes comme les chats siamois des Aristochats ou les corbeaux de Dumbo sont reconnues aujourd’hui comme racistes. Disney préférant mieux cacher le passé plutôt que d’expliquer un contexte d’époque, a refait certains de ses anciens animés en live. Dans le cas présent, comme pour Aladin, c’est plus une occasion de dépoussiérer que de mettre la poussière sous le tapis.

Avec des animaux qui parlent, à qui on prête des comportements humains, on se doute que remplacer le dessin animé passe par les images de synthèse. C’est le défi du livre de la jungle, avoir des animaux qui sont le plus naturels possibles, mais qui parlent, qui sont en colère. Transcrire le sentiment dans l’animalité, c’est particulièrement réussi.

Alors que l’on a totalement éludé le livre dans le dessin animé, ce n’est pas le cas pour le film. L’une des scènes d’ouverture se fait au bord de l’eau, pour la trêve de l’eau qui réunit tous les animaux. Fait ainsi l’apparition de Shere Khan le tigre boiteux, détesté par les autres animaux puisqu’il tue par plaisir.

Pas vraiment passionnant, même si la performance est bien présente pour les effets spéciaux, pas de véritable apport par rapport au dessin animé. Le charme en moins.

L’épilogue par Desberg

L’histoire démarre avec un vieil homme qui quitte son village, il s’appelle Mowgli. Il rejoint les abords de la jungle qui l’a vu grandir. Malade, on comprend qu’il va mourir. Il rencontre un enfant à qui il raconte son histoire. La bande dessinée est décomposée en quatre tomes. Les deux premiers tomes correspondent au livre de la jungle tel qu’on le connaît. Toutefois, la vision qui nous est livrée est bien plus noire, plus proche de l’œuvre de Kipling. Pour preuve, le combat qui oppose Mowgli à Shere Khan se finit dans un bain de sang, Mowgli revient au conseil des animaux avec sa peau sur le dos. À l’instar du livre, Kaa aide Mowgli dans son combat contre les chiens sauvages.

Le début du tome 3 pourrait correspondre à la fin de l’animé où Mowgli voit une petite fille. Mowgli devenu adulte, maître de la jungle, tombe fou amoureux d’une jeune femme. Il la suit. Mowgli va se retrouver à la ville en plein conflit entre les Indiens et les Anglais. Sans caste, il ne peut s’approcher de sa promise, Vedra, qu’on veut marier à un autre homme. Dans cette seconde partie, habilement, le méchant est un Anglais qui porte les mêmes couleurs que Shere Khan.

Il s’agit d’une histoire de Desberg à qui l’on doit le Scorpion. Comme on peut s’en douter, c’est dur. La vision de Desberg est assez intéressante, Mowgli rejeté par les hommes finit par collaborer avec l’empire colonial anglais. Pas un animal, pas vraiment un homme, Desberg nous raconte l’histoire des gens qui peinent à trouver leur place.

One Comment

  1. Pour le film live, il est proche de l’animé mais aussi plus adulte, plus violent et comme tu l’as souligné, se rapproche ainsi du livre. La fin est d’ailleurs décevante…a se demander s’ils ne laissaient pas la place à la BD que tu présentes :p
    On pourrait aussi discuter de la vision coloniale de Kipling, du rapport à la nature, à la force du groupe face à l’individu. ce n’était pas du La Fontaine mais c’est aussi à prendre dans son époque.

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