Escape game : Le sujet alpha

Le sujet alpha est un escape game qui se présente sous la forme d’un livre écrit par les Dudu. Je vous invite à faire un tour sur leur site internet si vous êtes enseignant, élève ou même curieux.

Préambule

Si vous faites un tour sur le site Mathix des Dudu, Arnaud et Julien Durand vous pouvez voir l’encadré ci-dessous. Il s’agit de la phrase d’accroche de mon premier blog personnel. C’était la réflexion de la petite Aurélie Bousquet alors âgée de 14 ans, ma première promotion en tant qu’enseignant. Je trouve des traces d’Arnaud dans mes activités depuis environ 2007. Pas évident avec moi de retrouver, l’internet est jonché de cadavres de sites que j’ai laissé derrière moi.

Nous nous côtoyons pour ainsi dire avec Arnaud depuis une bonne quinzaine d’année pour une raison qui n’a absolument aucun rapport avec les mathématiques, Linux et le logiciel libre. Arnaud m’a dédicacé un exemplaire, il est temps pour moi de faire mon devoir d’écriture 🙂

Le sujet alpha, un escape game

Théoriquement tout le monde sait ce qu’est un escape game, on va quand même revoir les bases. La page Wikipédia nous apprend que c’est globalement issu du jeu vidéo, aujourd’hui l’escape game se décline principalement en deux catégories. Le jeu de société avec la série à succès des unlock par exemple ou en vrai. Dans des grandes villes désormais, vous pouvez réaliser dans des lieux dédiés un escape game comme vous iriez au cinéma. Le principe étant simple, il faut s’évader d’un endroit en résolvant des énigmes.

Bien évidemment, le concept a été largement réutilisé dans le monde pédagogique pour répondre au besoin de ludification. Résoudre une énigme qui permet de réinvestir des connaissances pour un élève, c’est forcément gratifiant et motivant.

Il s’agit de mon premier livre escape game puisque d’après Wikipédia ça existe. À noter que gamin, ma génération jouait au livre dont vous êtes le héros. Il s’agissait de faire un choix qui vous renvoyait vers une page donnée, mort certaine ou poursuite de l’aventure. Comme quoi le livre n’est pas mort et permet de ne pas se limiter à une simple lecture linéaire, mais aussi à jouer.

Le jeu

On ne m’en voudra pas de bafouer le droit d’auteur, mais pour comprendre, le fonctionnement du jeu, il est nécessaire de montrer la première salle. Vous incarnez un individu qui se réveille totalement amnésique et il faudra bien sûr s’évader. Voici à quoi ressemble la première salle.

Le texte renvoie à des indices que vous trouvez à la fin du livre. Voici un exemple type avec le premier indice, il s’agit d’un accès à un ordinateur que vous voyez sur l’image ci-dessus. Il est possible de faire une saisie depuis votre smartphone, indispensable pour jouer. En résolvant les différentes énigmes, on va progresser dans le sujet alpha.

Dark souls ?

Nous avons commencé le jeu à quatre, mon épouse, moi-même, mes deux enfants âgés de 18 et 20 ans. Notre expérience des escapes games est assez limitée, nous avons déjà eu l’occasion de faire une partie de unlock, les enfants un peu plus. Au moment où j’écris ces lignes, il nous a fallu 1 h 30 pour sortir de la première pièce.

Voici typiquement le genre de choses qui m’a paru gênant. Il s’agit de reconstruire une grille en « tissant ». Malgré des doigts agiles et expérimentés de mon épouse, professeur des écoles, il a fallu s’y reprendre à deux fois. C’est particulièrement pénible et individuel. Il y en a un qui fait pendant que les autres attendent. De façon générale, je trouve que la dynamique de jeu est cassée par des indices peu clairs, par des manipulations pénibles. En fin de compte, le jeu n’est pas amusant, ce n’est pas le moment de détente convivial que j’attends d’une partie en famille.

Comme expliqué en introduction, nous ne sommes pas des habitués des escapes games, quelqu’un d’expérimenté aura je l’espère un avis différent du mien. En ce qui concerne l’âge de douze ans, ici encore mon jugement est peut-être biaisé par le niveau de mes élèves, mais la divisibilité d’un nombre pour attaquer les épreuves me paraît trop élevé pour mes collégiens voir mes lycéens.

Madame Borne en train de tisser

Conclusion

Vous vous doutez qu’en écrivant le dernier paragraphe, je tire à boulet rouge sur le jeu et donc sur la production de mes collègues. Je n’ai ni l’habitude de faire de langue de bois, ni l’habitude de prendre les gens en traître, j’ai donc envoyé le billet à Arnaud. L’idée étant claire, s’il trouve que c’est un peu fort, je ne publie pas l’article. Comprenez qu’il n’y a pas de nécessité, d’urgence ou d’enjeu pour moi, pour les « Dudu » davantage.

Arnaud me connaissant depuis suffisamment longtemps m’a laissé carte blanche quant à la publication, je publie. Pourquoi ? Je pense que c’est une bonne chose pour les frères Durand d’avoir un avis qui ne brosse pas dans le sens du poil et qui n’est pas de quelqu’un qui agresse gratuitement. Nous nous sommes effectivement assis autour d’une table pour faire le jeu.

L’avis est public et cela fait partie du jeu. Je pense que j’ai dû passer le millier de messages d’insultes sur des publications que j’ai pu rédiger. C’est le deal, toute production qui se confronte au reste du monde, son auteur doit s’attendre à des retours.

Cela reste un avis qui nous est personnel, comme dit plus haut, NOUS ne nous sommes pas amusés. Si j’ai pu expliquer mon manque d’intérêt pour des casse-têtes que j’ai trouvés laborieux, certains au contraire trouveront cela formidable. Par exemple, on sait que je suis joueur de Dark Souls, Elden Ring, des jeux à la réputation complexe. Certains trouvent cela horrible et préfèrent le casual game.

Le patient alpha trouvera, je n’en doute pas, son public auprès de gens qui aiment se triturer les méninges, les habitués des escapes games. Le jeu que m’ont gentiment offert les Dudu aura une seconde vie chez mon frère, gros joueur de jeux de société. S’il me fait son retour, je ne manquerai pas d’y revenir ici.