Fantastique, partie 2

Au sommaire de ce fantastique partie 2 : Koma, Nostradamus avec des flingues, un superhéros pas vraiment super et les potamoks ou un remake biblique avec des cochons.

Koma

Addidas est une enfant qui vit seule avec son père veuf dans une ville gigantesque. À perte de vue des immeubles, des usines et des cheminées qui crachent de la fumée. Et c’est d’ailleurs le métier d’Addidas et de son père, ils sont ramoneurs. Ils nettoient les conduits de cheminée. Quand le conduit est trop étroit, c’est Addidas qui fait le nettoyage. Seulement, Addidas a des absences de plus en plus fréquentes, elle s’évanouit n’importe quand, y compris dans les cheminées. Aucun médecin n’est capable de diagnostiquer son problème, ce qui inquiète de plus en plus son père.

Un jour, alors qu’elle entre dans une galerie très profonde. Addidas tombe nez à nez avec un monstre gigantesque. Ce dernier l’emmène encore plus profondément sous terre et lui montre l’endroit où il vit. Un lieu dans lequel des tas de monstres s’occupent de tas de machines. Et curieusement, le monstre s’occupe d’une machine qui s’appelle Addidas, une machine qui fonctionne mal…

Très jolie bande dessinée remarquablement dessinée par Frederik Peeters. J’aime beaucoup le côté enfantin des personnages et les décors très urbains, cet aspect industriel. Les cases sont très larges, peu de texte, ce qui fait une bande dessinée qui malgré le contexte n’est pas étouffante. Les dialogues sont drôles, truffés de punchlines et de bons mots. L’histoire de cette ville sous la ville peuplée de monstres intrigue. Les machines représentent-elles la vie des hommes ?

Arthus Trivium ou Nostradamus version fantastique

Arthus Trivium est une bande dessinée assez originale puisqu’elle tourne autour de Nostradamus. Nostradamus est âgé, mais il conserve toutefois sa grande réputation de savant, étant donné qu’il a été médecin du roi. Retiré, il coule des jours heureux en compagnie de sa femme et de ses enfants. Un jour, ce dernier reçoit deux objets qui lui font craindre le pire. Il s’agit de jouets qu’il avait donnés à ses enfants d’un premier mariage, morts de la peste. Il comprend qu’on lui en veut et que ses jours sont en danger. Nostradamus n’est pas le seul à être menacé puisqu’on tend des embuscades à ses disciples, des jeunes gens qui ont de la ressource.

La dimension fantastique de la bande dessinée vient du fait qu’on a de la magie, des démons, et que les prophéties de Nostradamus sont vues comme des flashs. Le fait d’avoir introduit dans la bande dessinée des disciples de Nostradamus permet d’avoir une bande dessinée qui se focalise sur l’action. En effet, trois jeunes gens sont au service du savant, ils jouent des flingues, des couteaux et de la sorcellerie. La bande dessinée a ainsi un aspect particulièrement dynamique.

Le dessin est magnifique, on ne s’étonnera pas du commentaire de Marini, dont on connaît la qualité, qui signe la préface pour saluer la concurrence dans le dessin de Juan Luis Landa. La série pourtant excellente s’arrête au tome 4 suite à un désaccord financier entre les auteurs et l’éditeur, dommage. Les quatre volumes sont décomposés en deux diptyques et sans offrir de conclusion à l’histoire complète, ils concluent au moins les deux courtes histoires.

The cape

Eric est un gosse comme les autres qui joue au super héros avec son frère. Un jour, sa mère lui fait une véritable cape de héros à laquelle il voue un culte total. Alors qu’il est dans l’arbre, Eric glisse et l’espace d’un instant, il vole. Seulement la cape se détache et il fait une chute terrible qui le laisse dans un état physique catastrophique. Pendant qu’il peine à construire sa vie entre des douleurs récurrentes et une mentalité de perdant, il se fait plaquer par sa copine. De retour dans la cave de sa mère, il retrouve la cape et… il vole ! Seulement quand on pourrait penser qu’Eric va enfiler sa cape pour jouer au justicier, c’est exactement le contraire qui se produit et il devient un super méchant.

The cape est un délire fantastique complètement surréaliste et surtout rare. Cet ouvrage démontre de façon indéniable la force de la bande dessinée ou de la littérature sur les impératifs commerciaux du cinéma. Eric est un véritable psychopathe avec des superpouvoirs et pourtant, c’est bien lui le héros de l’ouvrage. Jamais une telle production ne serait passée au cinéma où il est trop difficile de casser les codes.

Dans cette période où l’on nous abreuve de films de superhéros aussi consensuels les uns que les autres, the cape est une véritable « bouffée d’oxygène ». Entre guillemets tout de même puisque la bande dessinée est choquante, violente et amorale.

Les Potamoks

Les Potamoks sont un récit en trois tomes de Sfar et de Munuera qui sont deux énormes pointures de la bande dessinée franco-belge. On notera que même si on reste dans le fantastique, il s’agit d’une bande dessinée qui est « carrée » et accessible, ce qui est suffisamment rare pour Sfar. Il devait être dans une période plus classique, puisqu’à la même époque on lui doit les premiers albums de troll.

Le professeur Asclépios part du principe que si un singe a pu évoluer en homme, alors il existe d’autres espèces qui ont pu vivre cette évolution. Il part ainsi dans une expédition à la recherche de ces autres espèces. Comme personne ne le prend au sérieux, on lui laisse piocher pour équipage des fous. Assez rapidement, leur bateau va croiser la route d’une énorme navire de guerre qui massacre tout sur son passage. Les rameurs sont composés de cochons bipèdes gigantesques qui attendent la libération de leur peuple.

Et pour ce faire, ils iront jusqu’en Égypte, ce qui n’est pas sans rappeler une autre libération célèbre, celle du peuple hébreu. D’autres éléments similaires comme l’eau qui se transforme en sang montrent une nette inspiration biblique. Après pour le reste, c’est un grand délire qui va loin. Des monstres, des mécas, une pierre qui parle et qui monte une armée de zombis. Le dessin de Munuera est parfaitement maîtrisé tout comme l’histoire malgré son aspect fou.

2 Comments

  1. Ne manque-t-il pas le mot cape dans cette phrase (the cape) ?
    « Un jour, sa mère lui fait une véritable de héros à laquelle il voue un culte total »
    J’aime vraiment bien ce genre d’article. Je suis aussi ravi de pouvoir commenter ^^.

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