Metaverse : vision d’avenir ou échec ?

Il y a un an, j’expliquais pourquoi Facebook devenait Meta. Je m’attachais au fait qu’il était nécessaire pour la marque de faire oublier le mot Facebook attaché au scandale et au passé pour une nouvelle image. J’étais passé davantage sur le Metaverse pour lequel j’avais plutôt présenté des œuvres cinématographiques comme Matrix ou Ready Player One.

Le Metaverse, le gouffre de Zuckerberg

De façon synthétique, le Metaverse correspond à un univers virtuel dans lequel vous pouvez passer le clair de votre temps. Faire vos boutiques de manière virtuelle, faire vos réunions avec votre avatar, jouer, rencontrer des gens. De nombreuses inquiétudes quant à ce projet qui vise à l’enfermement complet des individus.

Un an plus tard, le Metaverse est une véritable catastrophe économique et technique. Les équipes de développement expliquaient il y a peu que le logiciel était tellement bugué qu’elles ne l’utilisaient même pas. Horizon Worlds, le nom que porte le Metaverse est vide, les gens n’y reviennent pas. On estime que seulement 9 % des mondes disponibles sont régulièrement visités par plus de 50 joueurs. L’action Meta dévisse en bourse, Meta ne fait plus partie du top 20 des valeurs boursières aux États-Unis. Une baisse de 65 milliards de dollars de capitalisation boursière et une baisse de 4% du chiffre d’affaires.

Comme on sait que dans le monde de l’entreprise, toutes les opportunités sont bonnes pour tirer sur l’ambulance, durant cette période de bilans, les grands patrons ne se privent pas. Phil Spencer par exemple, patron de la division Xbox de Microsoft, explique que c’est un jeu vidéo mal conçu. Il s’agit d’une opinion partagée par l’ensemble des géants de la tech, mais peuvent-ils se permettre un autre raisonnement ?

Les temps sont durs pour tout le monde

Dans l’actualité de ces derniers jours, on peut lire :

La liste est longue, aucune entreprise informatique n’échappe à la crise. Les raisons sont assez simples à expliquer. Durant la période de la COVID, on a vu une explosion des usages. Réseaux sociaux, livraison de produits à domicile, achat de matériel informatique. Tous les secteurs de la tech se sont gavés. Nécessairement aujourd’hui la COVID sans être dernière nous ne représente plus l’obligation du télétravail. Des périodes à tourner à plein régime, derrière, c’est forcément moins.

Alors que nous sortons de cette période se rajoutent de nouveaux problèmes. La reprise économique a été tellement importante qu’elle a entraîné des pénuries de matières premières. Ainsi, des sociétés comme Sony ont été largement pénalisées pour la vente de consoles PS5. La crise des cartes graphiques en est aussi le résultat, conjuguée aux mineurs de Bitcoin.

Le réchauffement climatique, la crise énergétique créent une incertitude économique et pour l’avenir. Nous sommes dans une phase où la prise de risque n’est donc pas de mise. En France par exemple, on constate une baisse de la consommation de 3% sur un an. Il est logique qu’on s’intéresse davantage à son budget alimentation qu’aux nouvelles technologies.

Le Metaverse arrive trop tôt et pas dans la bonne période. Pourtant, Zuckerberg a raison

Zuckerberg argumente en expliquant qu’il s’agit d’un investissement sur le long terme et juge qu’il faudra bien dix ans pour arriver à quelque chose. Malheureusement pour lui, aujourd’hui un projet sur dix ans est intenable. Entre une menace nucléaire et un mois d’octobre avec des températures de trente degrés, il est très difficile de se projeter pour les gens et donc pour les entreprises. On se contente de répondre à des besoins d’urgence.

Et pourtant voici un des exemples parmi d’autres qui montrent que le casque de réalité virtuelle et les mondes qui vont avec sont l’avenir. J’ai appris à mixer avec un DJ à New York… en réalité mixte. Les applications sont très nombreuses, on peut penser au domaine médical par exemple. On peut penser de plus que nous sommes dans un monde dans lequel nous voyagerons moins. Une immersion parfaite comme si on y était dans un concert, dans une pyramide ou pourquoi pas sur la grande muraille de Chine a parfaitement du sens. Se projeter de la même manière dans une bataille virtuelle avec une grande épée à la main, est certainement un aboutissement pour bon nombre de joueurs.

Malheureusement pour Zuckerberg s’il a sûrement raison dans le fond, les technologies ne sont pas prêtes, la période ne se prête pas à la nouveauté. La véritable question c’est désormais de savoir combien de temps la société pourra continuer à investir des milliards. Car dans le temps présent et dans une réalité tout ce qu’il y a de bien réel, la concurrence est rude. TikTok affiche des chiffres de plus en plus affolants, Meta tout court a tout intérêt à innover dans ce domaine de la vidéo qui lui échappe.

Alors le Metaverse, no future ?

œuvre de Bansky croisée avec un titre des sex pistols.

3 Comments

  1. Il faut s’interroger sur les avancées technos : est-ce que tout le monde en a besoin à tout prix ?
    La 5G, c’est inutile pour le grand public mais on pousse quand même.
    Le metaverse idem ?
    A l’heure de la sobriété énergétique et de la décroissance, c’est à étudier.
    Et c’est pareil pour Elon Musk et ses voyages dans l’espace, etc.

  2. La 5G on finira par y venir puisque de toute façon les qualités et dont les quantités vont croissantes. Pour le Metaverse je pense qu’avec la crise énergétique on y viendra quand on se rendra compte que ça coûte moins cher de visiter un truc avec son casque virtuel que de faire 2000 km d’avion pour le faire. Pour les voyages spatiaux, ils sont réservés uniquement aux riches, la question ne se pose donc même pas 🙂

    1. J’ai lu que Meta travaille sur une version navigateur de son metaverse, au lieu qu’un Oculus obligatoire…
      2nd Life existe toujours avec un peu de gens… tu devrais retester 😉

Comments are closed.