La bande dessinée sept est une série de 21 bandes dessinée s’étalant de 2007 à 2017 soit deux tomes par an. Le seul point commun entre les différents albums, c’est le chiffre sept. Il s’agira de façon systématique de sept personnages. Les auteurs, les dessinateurs sont différents, il n’y a aucun lien entre les albums comme c’est le cas avec la geste des chevaliers dragons. Toutes les thématiques sont abordées et les époques sont abordées. Guerre de 39-45, science-fiction, heroic fantasy.

Sept, l’illustration des problèmes de la bande dessinée franco-belge

Comme je l’ai souvent répété, l’une des problématiques de la bande dessinée franco-belge pour lutter contre le phénomène manga est le rythme de production. Il faut dire que la réalisation d’un manga n’est pas la même que celle d’une bande dessinée franco-belge. En effet, dans un manga, l’auteur principal fait appel à des assistants. Ces derniers vont réaliser, par exemple, les décors, les visages. Dès lors, le rythme de production devient plus rapide.

On comprend les avantages de la méthode pour le rythme de production, avantages parfois insoupçonnés. En effet, la série Berserk après la mort de son auteur est reprise par ses anciens assistants. Tout n’est pas rose pourtant les salaires sont dérisoires pour les assistants qui vivent dans l’ombre du mangaka.

Berserk le manga de Kentarō Miura.

Pour une bande dessinée franco-belge, il s’agit d’un dessinateur unique. La richesse du dessin n’est pas la même, le manga est plus simple dans les traits, la plupart du temps. Le travail du dessinateur est plus long, plus difficile. Dans un monde dans lequel la quantité prend la place de la qualité, l’argument qualitatif n’est pas suffisant.

Attention, il ne s’agit pas de dénigrer le manga. Si la jeune génération est séduite par ce type de format, c’est aussi pour ses histoires, ses sentiments, qu’elle ne trouve pas dans la bande dessinée franco-belge. Il s’agit juste ici de montrer que la bande dessinée franco-belge ne peut pas s’aligner. Avec cette astuce qui consiste à faire des albums indépendants dans une même collection, on augmente le rythme de production.

Du bon …

Avec une multiplication des auteurs, des dessinateurs, des thématiques, on prend le risque de ne pas avoir une collection cohérente. Il n’est pas surprenant de voir de très bons tomes et de moins bons. L’ouverture de la série est excellente avec sept psychopathes. Durant la guerre de 39/45, on se dit qu’il faut revoir totalement la méthode pour assassiner Hitler. On envoie sept fous, complètement imprévisibles. De cette façon, il est impossible de prévoir leurs actes et les nazis seront dans l’incapacité d’anticiper.

Dans la série, on volera la couronne des nains dans un album de fantasy réussi qui reprend les codes. On retrouvera les héros de l’île au trésor des années plus tard, comme c’était le cas dans Long John Silver. On verra sept moines correspondants chacun aux sept pêchés partir coloniser des vikings. Un vieux yakuza qui cherche à savoir qui veut le tuer. C’est un excellent album avec de nombreuses références au Japon et la façon dont il a traversé la seconde guerre mondiale. Sept clones chargés de tuer le président qui va signer une alliance avec les extraterrestres. La mise en scène est très originale, entre le monde réel dans lequel sont les hommes et le monde virtuel dans lequel ils communiquent.

Mais aussi du moins bon

La première saison est excellente, j’ai trouvé la suite souvent plus inégale. En effet, il y a 21 albums, il y a donc trois saisons de sept tomes. Les personnages de Molière qui par exemple enquêtent sur son décès, j’ai trouvé que c’était tiré par les cheveux et qu’on avait du mal à adhérer. Les prisonniers d’un tunnel qui se nourrit des peurs des gens avec une ambiance Walking deads donne l’impression d’un mauvais film d’horreur.

Comme je l’ai précisé plus haut, il est évident qu’on ne peut pas réussir l’intégralité de la série, mais force est de constater que les saisons suivantes sont moins passionnantes que la première. Dans l’ensemble, la série est convenable avec quelques idées très originales. Je vous invite toutefois à ne pas acheter les 21 albums mais plutôt à vous les faire prêter.