Peut-on donner n’importe quel prénom à son enfant ?

C’est une question que l’on peut se poser et dont la réponse n’est pas si simple que cela. Je peux même vous dire que je suis une victime de ce système car mon prénom ne devait pas être ce prénom…

Le prénom, une histoire personnelle

Mon histoire démarre en juillet 1975. Mon père se présente à la mairie et demande à me faire appeler Cyril. L’employée de mairie refuse en expliquant que dans le calendrier, c’est Cyrille. Vous vous doutez que c’est l’employée de mairie qui obtiendra gain de cause. On notera que dans le contexte de l’époque, c’est l’employée de mairie qui a tranché, l’affaire n’est pas allée plus loin. En effet, j’ai des collègues de mon âge, nés dans la même ville qui s’appellent pourtant Cyril.

Il y a un avant et un après le 9 janvier 1993. Comme l’explique l’article du Parisien, avant les prénoms étaient issus du calendrier comme c’est mon cas, de la mythologie (on peut croiser des Ulysse), certains prénoms régionaux. Le parisien note que « Les officiers d’état civil restaient seuls décideurs de la validité d’un prénom ». Ceci explique ainsi mon histoire.

Que dit la loi aujourd’hui ?

On peut lire sur la page du service-public les quelques explications suivantes :

  • Le prénom ne doit pas être contraire à l’intérêt de l’enfant. Par exemple, un prénom ridicule ou grossier.
  • Les parents choisissent librement le ou les prénoms de l’enfant.
  • Il n’y a pas de liste de prénoms autorisés.

Alors qu’à l’époque, c’était l’agent de service qui prenait la décision quant à la validité du prénom de l’enfant, aujourd’hui les choses vont plus loin. En effet, si l’agent juge que le prénom pose un problème à l’enfant, il informe le procureur de la république qui peut saisir le juge des affaires familiales. On pourrait trouver que c’est une décision abusive, et pourtant lorsqu’on voit la liste des prénoms refusés, cela me paraît juste.

Quand on voit que des parents ont voulu appeler leur enfant Bob l’éponge, on est en droit de se demander si l’enfant est en sécurité dans le foyer. On peut en effet s’interroger sur l’équilibre mental d’un individu qui va sanctionner un enfant d’un prénom ridicule qu’il portera toute sa vie.

Parfois le refus ou l’acceptation sont moins évidentes. Il y a plus de 20 ans, une affaire avait défrayé la chronique. Monsieur et Madame Renaud veulent appeler leur enfant Mégane. Ce qui donne Mégane Renaud. Mégane est un prénom connu, que de nombreuses femmes possèdent. Ce n’est donc pas le prénom qui pose un problème, mais l’association avec le nom de famille qui fait penser forcément à la voiture. Finalement, le tribunal rendra justice en faveur de la famille.

Le prénom, un film

Le prénom est un film adapté de la pièce de théâtre du même nom. Lors d’une soirée entre amis, Patrick Bruel va dynamiter la soirée en révélant que le prénom de son futur enfant aura un prénom qui commence par A. Bien évidemment, on pense à Adolf comme Adolf Hitler. Bruel, joueur, explique qu’il s’agit d’Adolphe et pas d’Adolf comme le personnage de roman. D’après ce qui précède, on peut tenter sa chance d’appeler son enfant Adolphe avec le risque que cela ne passe pas. Néanmoins, et c’est très personnel, avec de plus en plus de déficit culturel et de méconnaissance historique, il est fort probable qu’un jour ça passe.

Dans le film, les gens à table sont cultivés, de gauche, et Adolphe ne passe pas. Le conflit éclate, et on comprend que ce choix de prénom n’est que l’arbre qui cache une forêt de non-dits. Le film est extrêmement bien joué et drôle.

4 Comments

  1. Pour Mégane Renault, je trouve ça normal que la justice ai dit ok. Mais côté psychologie, vouloir appeler son enfant du nom d’une marque, même si c’est légalement ok, on peut aussi se poser des questions.
    Et est-ce pire maintenant avec les prénoms « Game of throne » ?

  2. J’ai un copain de bahut qui n’a pas le même nom de famille que son père parce qu’à l’état civil ils ont mal orthographier en remplaçant le Y par un I .
    A pluche.
    J’avais pas trop aimé le film avec Bruel.

  3. Il faut se dire que ce n’était pas mieux avant. J’ai des ancêtres qui s’appelaient Balthasar, Melchior, …. Oui, c’était la grosse série à la mode à l’époque aussi.
    Mais les modes passent aussi, les marques disparaissent. Nous occidentaux avant du mal avec Adolphe ? Napoleon ? Cesar ? On a eu aussi des Nasser, Yasser, Abdelkrim à vocation plus ou moins politique selon les parents. A-t-on aussi des Emmanuel, Fançois, Nicolas qui appellent à confusion aujourd’hui ? Le prénom c’est compliqué. Alors je me contente de trouver des noms stupides à des chats….

    Et je me souviens encore que j’ai réussi à faire adopter un chat baptisé AlAqsa à des juifs israeliens…Je vous laisse méditer.

    1. euh … un chat n’a pas de prénom.

      que tu l’appelles AlAqsa ou grosse truffe, pour lui donner ses croquettes, ça sera pareil 😀

Comments are closed.