Au programme de ce fantasy numéro 3 : Wollodrin, les princes d’Arclan, la geste des chevaliers dragon et Angor

Wollodrin

Le pitch de Wollodrin est très compliqué à faire. Je ne vais malheureusement pas avoir d’autre choix que de spoiler un petit peu. Déjà la structure, la bande dessinée s’étale sur dix tomes avec cinq diptyques. La véritable histoire de la bande dessinée est révélée au tome huit, nous sommes très avancés dans la bande dessinée. Concrètement, Wollodrin reprend les codes de l’héroic fantasy avec les différentes peuplades : orcs, nains, elfes, dragons. De ce côté, c’est plutôt classique, à part peut-être pour les elfes définis comme des tueurs sanguinaires.

Chaque diptyque va mettre en place un couple de personnages issus de peuplades différentes. On suivra leurs aventures jusqu’à la réunification finale sur les deux derniers albums. Une femme et un orc qui vont avoir un enfant ensemble. Un elfe qui a perdu son peuple et un nain réincarnation du héros de la race. Le dernier dragon et un orc qui a la capacité de se multiplier. Il apparaîtra que ces individus sont les élus de leur race. Ils seront réunis pour sauver le monde de magiciens qui visent à déstabiliser l’équilibre des peuples.

Chaque histoire, même si elle reste classique, est tout de même passionnante. Le fil rouge qui consiste à faire apparaître les personnages des diptyques précédents nous permet de comprendre qu’on a bien une histoire principale, une motivation supplémentaire pour aller plus loin. Wollodrin est une bande dessinée atypique dans la fantasy franco-belge. Un dessin solide, avec de très belles doubles planches et une narration audacieuse pour un final surprenant, en font une bande dessinée à connaître.

Les princes d’Arclan

Les princes d’Arclan présentent une version un peu différente de ce qu’on peut voir dans la fantasy. Exit ici les nains, les elfes et les peuplades traditionnelles posées par Tolkien. La série qui se décline en quatre tomes reprend le nom de ses quatre personnages centraux pour chaque album. Lekard, Sylène, Olgo et le Sans-Nom. Il s’agit de quatre individus qui arrivent dans la ville d’Arclan pour faire fortune ou parfois pour des motifs plus personnels. Sylène est une Tadler, une espèce d’amazone avec des ailes, elle vient à la recherche de sa sœur ainée. Elle va se retrouver dans un réseau de prostitution. Lekard quant à lui finira à la protection du gouverneur de l’île quand Olgo commencera par travailler sur les docks pour finir chez les malfrats. Enfin le Sans-Nom est un individu mystique qui se nourrit des âmes noires.

Les princes d’Arclan est une série très dynamique, qui en quatre tomes réussit à bien poser ses personnages et ses intrigues. Le dessin est de temps en temps inégal, pour le reste, la bande dessinée fait bien le job.

La geste des chevaliers dragon ou le pionnier de la fantasy moderne

Petite explication pour ce titre. Le premier tome de la geste des chevaliers dragons est paru en 1998. Il s’agit désormais d’une série composée de 30 tomes. Pourquoi pionner de la fantasy moderne ? J’avais expliqué que certaines séries, comme Orcs dans les terres d’Arran, multipliaient les scénaristes et les dessinateurs afin d’augmenter la production annuelle. En effet, on sait que l’un des problèmes de la bande dessinée franco-belge, c’est finalement d’avoir des tomes qui sortent de façon espacée et qui présentent peu de pages par rapport au manga. La geste des chevaliers dragons a pour scénaristes uniques, le tandem Ange, mais va changer régulièrement de dessinateurs. Si certains reviennent quelquefois, c’est à caractère exceptionnel. Ainsi, sur une période de 20 ans environ, la méthode fonctionne plutôt bien avec 30 tomes.

Chaque tome raconte une histoire plus ou moins indépendante, il y a parfois un lien entre les épisodes. Le postulat est le suivant. Lorsqu’un dragon apparaît, avec lui le veill, une espèce d’aura qui déforme les gens. Physiquement souvent et parfois intellectuellement, les gens deviennent des bêtes sanguinaires ou deviennent fous. Seules les vierges sont protégées de ce mal. C’est ainsi qu’on a créé l’ordre des chevaliers dragons, un bataillon de vierges qui ont pour mission de tuer les dragons.

Un univers plus complexe qu’il n’y paraît.

Au premier abord, la bande dessinée peut paraître simpliste et à la limite caricaturale pour un univers fantasy. En effet, on va avoir à chaque album le passage obligatoire avec une fille sexy en tenue dénudée avec une grosse épée à la main. Pourtant, au fil des albums, la bande dessinée est bien plus profonde que cela. Le sexisme, le devoir, le pouvoir que représente l’ordre des dragons dans le monde. Les oppositions au sein même de l’ordre. L’ensemble est très intéressant avec des albums qui sont inégaux tant dans l’histoire que dans le dessin, avec du bon et du médiocre.

La page Wikipédia est vraiment complète à ce sujet, elle présente par exemple la chronologie à suivre dans les épisodes qui est non linéaire ce qui rajoute à mon sens une complexité à la compréhension.

Angor

Angor est un monde de castes dans lequel il est difficile ou impossible de s’élever. Trois jeunes vont essayer d’échapper à leur destin. Le premier veut devenir écuyer quand ses parents veulent qu’il reprenne la ferme. La seconde rêve de liberté quand on veut la marier, le dernier est un enfant orphelin maltraité par son frère ainé. Une opportunité se présente à eux avec un collier magique qui permet de changer d’âge. Comme on peut le voir sur la couverture ci-dessous, les enfants font le choix de l’âge adulte où tout semble plus facile.

Alors qu’ils pensent pouvoir faire leur vie tranquillement en prenant dix ans d’âge, il se trouve que le pendentif est l’objet de toutes les convoitises, même le roi le recherche. Une bande dessinée dynamique pour un public plutôt adolescent qui fonctionne bien.