Le rip en 2025 peut paraître complètement idiot sauf quand on veut rester dans la légalité. Avec un problème désormais de taille pour le rip, désormais les ordinateurs n’ont plus de lecteur optique sur la machine. En effet que ce soit un ordinateur portable ou une tour, le lecteur optique n’est plus obligatoire même sur les machines de base. Alors effectivement, on peut faire remarquer que si sur un portable c’est compliqué, pour une tour, c’est un cache à faire sauter. Sur des carcasses de PC, je n’aurais même pas besoin de payer si je devais remettre un lecteur DVD.

Je me retrouve dans la situation suivante. Mon épouse me demande une vidéo qu’elle possède en DVD et qu’elle doit diffuser dans un lieu qui n’a pas de PC, ou des ordinateurs sans lecteur. On notera tout de même cette notion d’obsolescence programmée déplaisante. Pour accéder à la vidéo, il faudrait prendre un abonnement à une plateforme de VOD ou repayer le film dans une version numérique. Ce que je ne souhaite pas. Après tout j’ai déjà payé.

Il est possible d’accéder à la télévision avec un port USB qui lit les fichiers MP4. La solution de facilité serait de télécharger de façon « illégale » le film. Je mets des guillemets puisque c’est la plateforme qui est en situation délictuelle, pour ma part je suis propriétaire du film mais pas dans le bon format. J’ai fait le choix de faire un rip à l’ancienne en achetant un lecteur graveur de DVD externe.

J’ai suivi les avis Amazon pour un modèle à moins de 25 €. Au moins je l’ai, et on peut le passer d’un appareil à un autre.

Je vous invite à faire attention à votre achat. En effet sur des modèles entre 20 et 25 € des gens ont fait remarquer que le lecteur ne fonctionnait pas sous Windows 11. Pour ma part, j’ai surtout vérifié que le modèle fonctionnait sous Linux.

Ripper un DVD sous Linux (fonctionne aussi sous Windows)

À une époque, il y avait une pléthore de logiciels permettant de passer du DVD à un format de type avi/mp4/mkv. En faisant une recherche sur alternativeto et en regardant du côté des DVD Ripper, on se rend compte que la quasi-totalité des projets ont été abandonnés. Il serait difficile de jeter la pierre pour une stratégie qui n’a plus vraiment de sens ou presque. Car comme précisé dans mon introduction, les gens qui ont des collections complètes de DVD vont pouvoir s’asseoir dessus. Il faut non seulement trouver une platine dans le commerce pour en profiter et espérer que les logiciels permettant le rip fonctionnent. On voit clairement qu’on nous pousse à l’abonnement. C’est bien l’abonnement sauf quand ça augmente ou que les films disparaissent.

Il reste le projet handbrake. Il s’agit d’un projet qui existe depuis une éternité avec des auteurs exigeants. L’utilisation d’Handbrake est triviale. Vous mettez votre DVD, vous lancez Handbrake, le logiciel est paramétré et on fait commencer.

On remarquera que le logiciel est loin d’être idiot. Par défaut le profil sélectionné, ils sont nombreux et proposent la destination comme YouTube ou une Xbox, est sur du 1080p avec 30 images par seconde. Pourtant la résolution maximale du DVD n’excède pas le 720×480 et le DVD ici est en 25 images par seconde. On pourrait imaginer une déformation à la sortie, ce n’est pas le cas. Comme on peut le vérifier avec VLC, handbrake adapte pour un résultat satisfaisant.

Cas particulier du DVD dit à épisodes

Imaginons que vous avez acheté une intégrale de DVD de dessin animés ou d’histoires courtes comme ça peut être le cas pour des DVD pédagogiques. Vous allez vous retrouver dans la problématique d’avoir de très nombreuses vidéos à ajouter à Handbrake qui ne sera pas capable de le faire seul. En effet, par défaut Handbrake vise la plus grande durée. Si vous n’avez que des épisodes de quatre à cinq minutes, Handbrake prendra le plus long mais c’est dérisoire sur l’ensemble du DVD. Il faudra ainsi prendre chaque piste et l’ajouter à la file d’attente.

Comme on peut le voir, le nombre d’épisodes est très conséquent et Handbrake est allé chercher le titre le plus long

La solution la plus confortable et la plus rapide est donc de ripper l’intégralité des fichiers VOB sur le PC puis d’en faire un encodage en batch dans un autre logiciel. Les VOB sont les fichiers qui contiennent l’audio et la vidéo dans les DVD. Sous Linux la commande vobcopy permet de réaliser le rip complet du DVD de la façon suivante :

On notera que la copie se fait dans le répertoire dans lequel vous avez lancé la commande. On obtient à la sortie la liste de fichiers suivante dans laquelle on ne va conserver que les fichiers VOB de tailles « conséquentes ».

Nous allons ensuite utiliser le logiciel Ciano afin d’assurer la conversion de l’ensemble des fichiers. Ce dernier est présent dans les paquets flatpak et son utilisation est particulièrement triviale.

Bonus : Couper une vidéo avec Vidcutter

En imaginant que vous ne désiriez récupérer qu’un bout de la vidéo, vous ne pouvez pas le faire dans le cadre d’un rip de DVD qui coupe par durée ou par VOB. Un logiciel pour réaliser cette opération, c’est Vidcutter. Il s’agit d’un logiciel et gratuit que vous pouvez télécharger ici : github de Vidcutter

D’autres solutions existent, l’éditeur Avidemux par exemple est beaucoup plus complexe et permet l’encodage des fichiers vidéos. Il permet aussi la conversion dans d’autres formats. Des logiciels encore plus complexes comme Openshot permettent de réaliser un montage avec des effets spéciaux. J’ai fait le choix de Vidcutter pour sa simplicité, pour le fait qu’il ne fasse qu’une tache.

Étape 1 : Open Media pour sélectionner votre vidéo.

Étape 2 : Déterminez votre position de départ en vous déplaçant dans la vidéo, choisissez Start Clip. Il est possible de se déplacer avec les flèches gauche et droite du clavier pour améliorer la précision à la dixième de seconde.

Étape 3 : Déterminez votre position de fin, choisissez End Clip

Étape 4 : Faites Save Media pour récupérer le résultat.

Bonus : convertir une vidéo en avi, Xvid, mp3

De la même manière qu’on peut considérer que le Rip de DVD est totalement obsolète, l’idée de convertir en avi, Xvid et mp3 peut paraître totalement désuet. Il est à noter qu’à l’époque c’était HandBrake qui avait ouvert la voie en supprimant la possibilité de ce paramétrage. Le logiciel qui vise l’excellence avait considéré que la combinaison n’était pas d’assez bonne qualité et n’offrait pas assez de possibilité. Il y a toutefois un cas qui nécessite une conversion vers ce format daté, c’est l’utilisation de vidéos sur certains vieux appareils. Je pense à de vieilles télévisions, des décodeurs ou même des télévisions qui ne supportent pas les formats exotiques de type MKV. Avec un format avi, théoriquement cela passe partout.

Avec les années, la liste des convertisseurs vidéos sous Linux était particulièrement importante, aujourd’hui elle est réduite à une peau de chagrin. Il reste HandBrake mais qui ne propose pas l’avi, Avidemux dont l’interface n’est pas très intuitive pour les débutants. Jusqu’à maintenant j’utilisais Curlew mais le logiciel n’est plus disponible dans les paquets. Seul reste Ciano qui permet de faire une conversion facile. Toutefois, il y a fort à parier qu’on finira par s’orienter vers une solution Avidemux qui continue son développement.

Ripper un CD audio sous Linux (fonctionne aussi sous Windows)

Pour les mêmes raisons que pour le rip de DVD, il peut être intéressant de ripper sa collection de CD. Les logiciels sont plus nombreux que pour le DVD Rip, certaines personnes trouvant du sens dans un rip de qualité type FLAC et pas un mp3. Je pense aussi que l’écoute de la musique est une activité davantage nomade que pour la vidéo. On a donc envie d’avoir quelque chose d’accessible de partout sans être nécessairement tributaire de la qualité du réseau. L’argument financier est bien sûr évident, pourquoi un abonnement Spotify quand on est propriétaire d’une collection conséquente de disques. J’utilise depuis des années le logiciel fre:ac. Comme vous pouvez le voir dans l’écran suivant, il propose de multiples formats de sortie, le mp3 ou le FLAC pour ne citer qu’eux. On notera la connection directe à la base CDDB pour récupérer les titres.

Quelques remarques à la limite de la légalité

Cela fait des années que je n’avais pas fait de rip, il faut dire que je n’en ai pas l’usage. J’évoquais plus haut le « piratage », je n’aime pas le mot dans ce cas, mais c’est une possibilité. En imaginant que vous vous rendiez sur un site qui vous demande une adresse mail, n’oubliez pas que vous avez la possibilité d’utiliser des sites fournissant des mails temporaires ou jetables. Tempmail est un service parmi d’autres. Je vous conseille de l’utiliser dès que vous avez une suspicion sur un site que vous comptez utiliser de façon très ponctuelle.

Vous pouvez être amenés à récupérer des vidéos YouTube ou des mp3 directement sur Spotify. Toujours sur le même principe, vous êtes possesseur du CD mais vous n’avez pas de lecteur optique et vous voulez récupérer la musique au format mp3. La ligne de commande spotdl est un outil extraordinaire. Le logiciel va récupérer les sons sur YouTube où les choses ont l’air d’être plus simples. Concrètement vous faites spotdl de l’url que vous voulez sur Spotify et il vous récupère le contenu… sur YouTube.

Pour récupérer des vidéos, le logiciel jdownloader2 est toujours d’actualité. Jdownloader2 est un gestionnaire de téléchargements aux fonctionnalités multiples. Si par exemple, je fais un copier-coller de l’url des annales de restez-curieux, j’obtiens le résultat suivant. Tous les fichiers téléchargeables sont présentés, il suffit de décocher les cases images, vidéo, audio, Instagram et Twitter qui apparaissent sur la droite pour ne récupérer que les fichiers PDF.

Si je fais la même chose sur une vidéo YouTube, j’ai pris l’exemple de la chaine de Benjamin, j’ai le résultat suivant.

On voit cette fois-ci qu’on me propose de récupérer la vidéo, mais aussi une extraction de l’audio au format m4a. Sur certaines vidéos, je pense aux reportages d’Arte parfois en plusieurs langues, il est même possible de faire un choix de la qualité. Jdownloader2 est aussi connu pour pouvoir associer ses comptes premium pour certains hébergeurs. Il permet enfin d’éviter certains captchas la résolution est automatique. Jdownloader2 n’a finalement qu’un tort, celui d’être codé en java. Si cette technologie lui permet d’être disponible sur Windows, Mac et Linux, le logiciel est très lourd et lent.

En conclusion

Pour réaliser ce billet, j’ai dû faire quelques efforts. En effet, comme expliqué durant le billet, cela fait quelques temps que je n’avais pas fait de rip de DVD. On se rend compte que les logiciels disparaissent, ne sont pas nécessairement remplacés par d’autres. Pour savoir quels logiciels utiliser, je procède de la manière suivante. Je vais de façon systématique sur le site alternativeto et je saisis le nom du logiciel que je connais. J’affine les critères en sélectionnant uniquement des logiciels open source et qui fonctionnent sous Linux. Je regarde les votes, je regarde ceux qui sont abandonnés, je Googlise un peu pour voir les avis qui pourraient ressortir sur d’autres sites et je teste.

La méthode a le défaut bien sûr de ne pas s’inscrire sur le long terme mais dans l’instant. Je n’ai donc pas les limites de certains logiciels. En toute honnêteté dans la liste des outils utilisés seul Formatlab m’est inconnu, pour le reste c’est du béton !

3 Comments

  1. Petite remarque sur le format dans Handbrake (oui j’utilise tout pareil pour le même genre de cas tordu quand j’enlève la poussière d’un DVD), l’onglet dimension distingue deux résolutions entre la résolution native et la mise à l’échelle avec l’anamorphisme…Et là on perd du monde mais c’est pour ça que l’on a aussi des rips non légaux faits un peu n’importe comment par rapport au travail de l’artisan quand on étaient jeunes 🙂

    peut-être parce qu’on se contente de récuperer des fichiers de streaming sans les retravailler parce que les disques durs et cartes mémoires sont énooooormes ?!

    1. Si tu utilises Rhythmbox comme player audio, tu écoutes tes podcast avec, effectivement ajouter un logiciel de plus est inutile. Dans mon cas VLC est mon player et je n’en ai pas d’autre, d’où l’intérêt d’un logiciel de plus.

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