À l’instar des westerns, le policier fait partie des classiques. Ici encore, pas forcément facile d’être original, mais le cherche-t-on vraiment ? Une sélection de titres qui m’ont semblé pertinents.

Lance Crow Dog, le policier indien

Lance Crow Dog est un agent du FBI qui a la particularité d’être moitié indien, moitié blanc. Il est donc plus ou moins toléré dans les réserves dans lesquelles il est amené à réaliser des enquêtes. Les auteurs ont trouvé, avec les origines de leur héros, une façon de se distinguer dans cette catégorie où les titres sont légion. Les enquêtes vont s’articuler autour des indiens. Dans le premier épisode, Lance enquête sur la mort de vieux indiens. Dans le second, ce sera la mort de membres de la famille de Lance. Pour le troisième, on essaiera de comprendre pourquoi on s’intéresse à des peintures indiennes.

Si Lance Crow Dog est un policier solitaire, dès le premier opus on lui attribuera une coéquipière jeune et jolie. Pas besoin d’être scénariste pour comprendre qu’il y aura une tension amoureuse entre les deux partenaires.

Pas très original, me direz-vous, et pourtant Lance Crow Dog a trouvé son public. La bande dessinée a été stoppée par l’éditeur comme c’est souvent le cas, Lance Crow Dog renaît grâce au financement participatif. C’est en 2013 qu’on a vu la suite sortir par ce biais, et à l’époque le crowdfunding n’était pas si présent, encore moins pour la bande dessinée.

Cette série est un policier classique mais qui fonctionne plutôt bien.

L’outremangeur

L’outremenangeur fait partie des classiques de la bande dessinée, j’aurais pu vous le mettre dans les one shot d’ailleurs. La notoriété de la bande dessinée vient en effet de son adaptation cinématographique avec Eric Cantona, l’ancienne star du foot. Pour ce film et se mettre dans la peau du personnage principal, un policier obèse, Eric Cantona a dû réaliser une véritable performance dans la transformation physique.

L’outremangeur raconte donc l’histoire d’une pointure de la police, un homme solitaire, taciturne et obèse. On le suit dans la bande dessinée aux « obèses anonymes », en train de s’empiffrer, de manger comme un ogre. Sur une scène de crime, il trouve très rapidement le coupable, une très jolie jeune femme. Seulement, plutôt que de l’enfermer, il décide de lui imposer un repas au quotidien, tous les soirs de 21 heures à 23 heures.

Comme on peut le voir, le pitch est limpide et c’est certainement ici qu’on voit la grandeur de l’œuvre. Les auteurs posent des bases simples pour un récit passionnant et de nombreuses questions. Pourquoi le policier a ce comportement ? Quelle est l’origine de son poids ? Pourquoi la jeune femme a-t-elle tué l’homme qui l’avait adopté ? Vous saurez tout en lisant ce classique.

Halloween blues

L’histoire s’ouvre sur le procès du héros. Policier, ancien héros de guerre, il est accusé du meurtre de sa femme. Un procès qu’il accepte, il est en effet l’unique suspect et n’a aucun souvenir de la nuit du meurtre. Son épouse, la star montante du cinéma des années 50 a été retrouvée le crâne fracassé avec une batte de baseball. Il en sortira acquitté du fait de ses états de service et puis parce que les preuves sont trop légères. En rentrant chez lui, c’est le fantôme de son épouse qu’il retrouve, cette dernière le hante.

On aurait pu supposer que sur les sept tomes de la série, on aurait un fil rouge sur le meurtre avec un couple d’enquêteur dont l’un des membres serait un fantôme. Ce n’est absolument pas le cas. La dimension fantastique intervient très peu et de façon systématique dans des scènes de jalousie. Le héros va sur chaque épisode aider une jeune femme ravissante. Cette dimension fantastique est dans l’ensemble inutile, mais ne gêne en rien.

L’action se déroule dans les années 50, le trait est magnifique, l’ambiance est très bien retranscrite. La bande dessinée possède des qualités graphiques indéniables, mais aussi scénaristiques. Les enquêtes sont très bien construites. Notre héros ira par exemple enquêter sur une jeune médium ou sur une jumelle maléfique. À chaque épisode son lot de surprises et de rebondissements.

Halloween blues est un agréable moment de lecture, il faudra attendre le dernier tome pour avoir les révélations sur le meurtre du premier tome.

Aven

On quitte les USA pour une enquête qui se déroule en France à la fin des années 60. Dans un village de campagne, un inspecteur enquête sur la mort de deux personnes. Il apparaît que ce qui pourrait paraître comme une querelle qui a mal tourné est en lien avec un vieux secret du village.

La reconstitution de la France rurale est bien orchestrée. Des personnages atypiques, caricaturaux, comme le photographe du village fasciné par les gens qui sautent du pont. Le dessin d’Astier est assez intéressant, la couleur notamment. Alors que la bande dessinée date de 2005, on ne peut que penser dans le choix aux années 70, comme un Valérian. L’enquête, si elle est classique, fait tout de même tenir en haleine le lecteur sur les trois albums que compte la série.