Légendes et contes, partie 1

La limite entre l’heroic fantasy et la notion de légendes est assez fine. J’en donnerai une définition plutôt personnelle. Pour ma part, l’heroic fantasy aurait un cadre plutôt rigide avec une époque médiévale où se mêle, elfes, nains, dragons, magie, orcs. Les légendes seraient alors plus vastes et emprunteraient à tous les pays du monde, les mythes et les contes.

La bête du Lac

La bête du lac est un très bon exemple pour illustrer la notion de légende. L’action se déroule au Québec, dans une époque relativement moderne, dans un petit village isolé. Ovide part à la recherche de son frère Gédéon, alcoolique notoire. Il rencontre une sirène qui lui explique être prisonnière d’un monstre. Cette dernière lui dit que si Ovide la libère, elle lui rendra le crâne de son frère.

Au départ, on aurait pu penser que la bande dessinée allait tourner autour de l’affrontement des villageois et de la bête du lac. L’histoire est beaucoup plus complexe. Comme on peut le voir pour le titre de ce premier album, la bête est un gardien. On va découvrir que quelque chose de bien pire se dissimule derrière le lac dans la montagne. Cette série en trois tomes va mélanger fantastique, de la mythologie indienne, celtique et même de la religion.

Très bonne histoire avec des personnages qui accrochent, un bon dessin qui n’est pas sans faire penser à celui de Loisel, j’ai beaucoup apprécié cette série courte et efficace.

Triskell

Le triskell est un symbole breton bien connu et c’est justement en Bretagne que se déroule cette histoire en quatre tomes. Trois sœurs dominant les royaumes fantastiques de la terre, de l’eau et de l’air se partagent chacune une partie du triskell, un objet de pouvoir. Il se trouve que les sœurs de la terre et de l’eau ont trahi leur sœur de l’air. En effet, celle qui réunit le triskell au complet a tous les pouvoirs avec toutefois un effet de bord inattendu. La limite entre le monde des humains et magique s’effondre. Cet élément aura de nombreuses conséquences dans la série.

Ainsi la sœur de l’air vient mourir dans le royaume des humains, dans un orphelinat. Elle va donner son morceau de triskell à une jeune fille qui va être poursuivie par les deux autres sœurs. Événement imprévu, celle-ci a la capacité de maîtriser le triskell et pourrait devenir la reine du pays de l’air.

Nous sommes clairement ici dans l’univers des légendes avec tout le bestiaire et les traditions bretonnes qui y passent. L’héroïne croisera la route de l’Ankou, des sirènes, des gobelins, des fées, tout y passe. Le dessin est très agréable et l’histoire tient la route malgré un manichéisme assez important pour une fin inattendue.

Beauté

Il était une fois, dans un royaume, une jeune femme très laide du nom de « morue. » Tout le monde se moquait de son physique, lui confiait des tâches ingrates. En bref, une vie de solitude, sans amour. Un jour, dans un acte de générosité, elle aide un crapaud qui est en fait une fée. Pour la récompenser de sa bonne action, la fée exauce un souhait, on se doute en lien avec sa beauté. Malheureusement, la fée ne réalise pas vraiment le souhait tel que Morue l’attendait. Morue deviendra aux yeux des autres la plus belle femme du monde. Elle devient beauté

Et c’est ici que ça se complique. Tout homme qui croise beauté veut la posséder. La première réaction des hommes du village est donc de la séquestrer pour l’avoir à « disposition ». Elle parvient à s’évader et s’éprend d’un seigneur local.

Il apparait que la bonne fée n’est pas si bonne que cela. Elle incite beauté à de mauvaises actions, gravir les échelons, pourquoi pas un roi plutôt qu’un petit seigneur ? Beauté va créer des guerres, engendrer des catastrophes au point d’essayer de se débarrasser de ce cadeau empoisonné.

Bande dessinée en trois tomes remarquablement illustrée, beauté tient plus du conte de fée que des légendes. Techniquement, c’est intéressant puisque le personnage a conservé sa laideur, on s’amuse donc à alterner le vrai visage de morue / beauté et l’image qu’elle renvoie aux autres. L’histoire est assez classique avec cette idée de toujours plus, plus de catastrophes, de seigneurs puissants, de drames. On reste scotché jusqu’à la fin.

La belle et la bête parmi les légendes et contes les plus connus

D’après Wikipédia, la version la plus ancienne de la belle et la bête remonterait au II° siècle. Il s’agit en effet d’un conte universel qui apparaît dans de très nombreuses cultures. Nous connaissons principalement la version proposée par Disney en dessin animé puis en version « live ». Il s’agit d’une jeune femme qui se sacrifie pour sauver son père en allant vivre chez la bête.

Comme dans l’histoire originale, le père de Belle perd toute sa fortune. Un homme riche propose de l’argent en échange de sa fille, ce que le père refuse. Un bateau arrive avec des monstres à l’intérieur qui font penser à des zombis, ils sont à la recherche de mauvaises âmes. Belle qui est une âme pure se sacrifie à la place de ses sœurs. La bête emporte belle sur son bateau volant jusqu’à son château.

Dans cette version, la femme de la bête est retenue par une malédiction, s’il veut la maintenir en vie, il est dans l’obligation d’apporter du « jus » d’âmes noire. Il espère qu’en présentant l’âme si pure de Belle, la malédiction disparaisse. Histoire en deux tomes avec un dessin très réussi, une version revisitée assez intéressante. On retrouvera la scène de la danse sauf que ce sont des zombis qui jouent de la musique et Belle n’a pas sorti sa plus belle robe !

One Comment

Comments are closed.