L’incroyable Pont du Gard !

En balade dans ma région je suis passé revoir le pont du Gard, probablement l’un des plus beaux aqueducs romains encore debout aujourd’hui. À chaque fois, je reste impressionné devant ses imposantes arches qui traversent le Gardon et son insolente robustesse 2000 ans après sa construction.

Petite histoire du pont du Gard

On bâtit le pont du Gard au premier siècle de notre ère pour approvisionner Nîmes, colonie romaine très importante, en eau. Après plusieurs années de prospections dans la région, les romains décidèrent de capter les eaux depuis Uzès. Uzès-Nîmes à vol d’oiseau ce n’est même pas 20 km. Facile pour des romains, me direz-vous… Sauf que le relief est loin d’être plat. Après une longue étude du milieu, ils décidèrent du chemin à emprunter. Et compte tenu du relief, l’aqueduc fera 50 km !

Attention, quand j’utilise le mot « aqueduc », c’est pour parler du transport de l’eau, même si dans le langage courant ce mot désigne seulement le pont.

On estime qu’il a fallu près de 15 ans pour construire cet aqueduc. C’est-à-dire creuser des tunnels, construire des ponts et des canalisations. Ce chantier a mobilisé une importante main d’œuvre et surtout d’ouvriers très qualifiés.

Un exploit architectural

Sur la majeure partie de son parcours, l’aqueduc ressemble à un canal creusé sous terre et étanchéifié au sol par le radier (plateforme composée de mortier de chaux et de calcaire concassé) et sur ses murs par un enduit de tuileau badigeonné de rouge. Bien entendu pour l’entretien du canal (réparations de fuites ou nettoyage des dépôts de calcaire), les romains avaient pensé à aménager des « regards » tout le long du parcours, tous les 100m environ.

Entre Uzès et Nîmes le dénivelé n’est que de 12,3m seulement et pourtant l’aqueduc doit parcourir une distance de 50km… La pente est donc très faible : 25cm par kilomètre ! C’est le dénivelé le plus faible pour un aqueduc romain. En général la pente était de 1m/km, beaucoup plus facile à gérer sur de longues distances.

Le pont-aqueduc

Parlons maintenant du pont-aqueduc. C’est le plus haut de l’empire romain (48,77m). Il est l’un des 17 ouvrages aériens qui composent l’aqueduc. Ses 6 arches du premier étages ont une ouverture de 24,5m. Sur les autres ponts-aqueducs l’ouverture n’est que de 5m en général ! Au second étage on retrouve 11 arches et 47 pour le derniers étage. Le premier niveau fait 142,32m de long et le dernier 490m. Pour le construire il a fallu plus de 21000 m3 de pierres soit 50400 tonnes !!!

Les techniques pour construire le Pont du Gard

Pour tracer le parcours les romains utilisaient des instruments comme le chorobate ou la groma pour mesurer les dénivelés ou les axes. Je laisse le soin à Cyrille d’expliquer leur fonctionnement dans un autre article 😁

Pour la construction des arches ils utilisaient des cintres en bois qui permettaient de positionner les pierres taillées. Ensuite on les enlevait afin de les réutiliser pour l’arche suivante. On peut aussi remarquer de nombreuses pierres qui dépassent. Ce sont les boutisses qui servaient de maintien pour les échafaudages ou les cages à écureuil (ancêtre de la grue).

Une durée d’utilisation limitée…

Malheureusement, tous ces efforts ne serviront que pour 200 ans max. Dès le IIIe siècle beaucoup d’agriculteurs détournent les eaux de l’aqueduc pour alimenter leurs champs. Au IVe siècle des travaux de réhabilitation de l’aqueduc sont effectués (il y a eu des tremblements de terre). Au VIe il est abandonné. On est sur un territoire disputé par les Francs et les Wisigoths.

Au moyen âge (Xe-XIIIe siècle) le pont du Gard est utilisé comme pont routier. Les piliers seront même creusés afin de faciliter le passage ! C’est aussi à cette époque qu’une partie de l’aqueduc sera utilisée comme carrière de pierres.

On peut voir les piliers découpés pour laisser passer les voyageurs !

En 1660, Louis XIV et sa cour visitèrent le pont du Gard. En 1704 se terminent des travaux de restauration financés par les États du Languedoc. Les piliers sont rebouchés, ce qui sauve probablement l’édifice. En 1743-1747 un pont routier est accolé à l’aqueduc (route qu’utilisent aujourd’hui les touristes).

Enfin, au XIXe deux grosses campagnes de restauration sont engagées, dont une importante sous Napoléon III. En 1985 il sera inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité.

Pour terminer je vous conseille la vidéo du copain Ex Cavator sur le pont:

Sources : Le musée du Pont du Gard, page wiki, Unesco.

2 Comments

  1. Il n’y avait pas moyen d’avoir de l’eau plus proche de Nîmes ?
    En tous cas ils étaient forts les Romains.
    A pluche.

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