Des essais avec Open-Dyslexic

Une police de caractère spéciale.

Open-Dyslexic est une police de caractère spéciale qui facilite la lecture pour les dyslexiques. Plutôt qu’un long discours, voici deux documents. L’un dans une police standard, l’autre en Open-Dyslexic.

L’image de gauche est un document réalisé avec la police de caractère Liberation Serif. L’image de droite, c’est le même document avec Open-Dyslexic. On constate forcément une différence, la première, c’est la taille des caractères et des espaces. Open-Dyslexic est plus large, comptez entre 25 et 33% de papier supplémentaire. Pour un enseignant ce n’est pas anodin, pour son établissement scolaire non plus. Les photocopies ça coûte de l’argent, une obsession des chefs d’établissement. Ensuite, la forme des caractères est différente, c’est un travail de fond qui a été réalisé pour faciliter la lecture.

Il est très difficile de parler du bienfait de la police de caractères quand on n’est pas dyslexique soi-même. Ce que je peux vous dire c’est que j’ai fait des essais avec des élèves de troisième, première et terminale BAC PRO. Désormais des élèves qualifiés de dyslexiques par la MDPH me demandent les documents réalisés avec Open-Dyslexic. Ils jugent en effet que les documents sont plus faciles à lire. Je généralise désormais la pratique en doublant les documents à la demande.

Pour moi, en tant qu’enseignant, c’est un peu de travail et de mise en forme et d’organisation. Pour l’élève, c’est beaucoup.

La police de caractère peut être téléchargée gratuitement sur le site Da Fonts.

Des pathologies non prises en considération.

De mémoire d’élève, j’ai souvenir qu’on avait deux catégories d’enfants. Ceux qui suivent, les autres. Et pour les autres on ne s’interrogeait pas, on considérait en effet qu’un élève qui avait de mauvais résultats à l’école était paresseux. J’enseigne désormais puis plus de 18 ans et nous constatons désormais que de plus en plus d’élèves souffrent de pathologies. Dyslexie bien sûr, mais aussi dyspraxie, dyscalculie, troubles de l’attention TDA, TDAH.

Avec une inclusion toujours plus forte, nous devons désormais prendre en considération tous les profils d’élèves. Une complexité qui s’accompagne du manque de formation des enseignants et des profils de handicap très variés. Il est de plus toujours très compliqué de se mettre à la place de l’autre. Par exemple Open-Dyslexic me fait mal aux yeux, elle ne m’aide pas à la lecture quand elle aide d’autres.

Pour faire comprendre la difficulté que représente la dyslexie, des étudiants eux-mêmes dyslexiques ont réalisé un court métrage. Ils montrent avec je suis dyslexique, la difficulté pour les enfants qui ont des troubles de l’apprentissage. La scène démarre sur un enfant dans une salle de classe, qui chute et qui arrive dans un monde composé de livres. L’échappatoire étant une montagne qu’il faut escalader, elle-même composée d’ouvrages qui symbolisent les études ou l’apprentissage.