Palais Bourbon, les coulisses de l’Assemblée nationale

Dans les coulisses de l’Assemblée nationale

Kokopello est un jeune dessinateur qui suite à la campagne présidentielle se cherche un sujet politique. Il décide d’assister aux séances publiques de l’assemblée nationale. La caricature, c’est assez fédérateur et c’est ainsi qu’il arrive à sympathiser avec le personnel au point d’avoir une accréditation. L’auteur va essayer de nous présenter le fonctionnement de l’assemblée nationale et c’est particulièrement réussi.

L’image renvoyée par la télévision, c’est celle d’une assemblée vide montrant finalement le désintérêt du politique pour le peuple ou les privilèges, les repas festifs, on pense forcément à François de Rugy dont le homard revient de façon très régulière, comme un fil rouge (en même temps rouge pour un homard …). Kokopello va suivre divers députés dans leur circonscription ou à l’assemblée. Des gens aussi différents que Villani le mathématicien de renom, Jean Lassalle ou François Ruffin. On verra donc un Cédric Villani grand mathématicien recevoir une jeune femme qui s’effondre en larmes parce qu’avec une thèse dans le nucléaire elle n’arrive pas à trouver du travail, jouer les conseilleurs d’orientation, ou encore Kokopello rentrer les chèvres de la mère de Jean Lassalle. La bande dessinée est pertinente car :

  • Elle montre qu’un député, c’est quelqu’un qui ne peut pas passer son temps à l’assemblée, car il se doit d’être dans son territoire.
  • La bande dessinée explique le fonctionnement, les traditions, mais aussi montre l’encadrement strict jusqu’à la présence d’une déontologue. Elle va intervenir auprès de certains députés afin de valider ou non leur droit à voter une loi pour laquelle il pourrait y avoir un conflit d’intérêt. Par exemple une épouse qui travaillerait pour un laboratoire pharmaceutique, le mari député pourrait se faire taxer de favoriser l’entreprise de son épouse.
  • Elle donne un côté bienveillant aux politiques, loin de l’image tous pourris. Quand certains députés gagnent moins que dans le privé, c’est une réalité, de nombreux hommes et femmes s’engagent en politique pour essayer d’améliorer le quotidien de leurs concitoyens avec plus ou moins de succès.

Une bande dessinée sur le ton de l’humour qui cache un problème profond

Démarrée en 2018, la bande dessinée va tenir compte de façon évidente de la crise des gilets jaunes. Le homard de de Rugy est le clin d’œil humoristique qui revient tout au long de l’album. Kokopello va revenir régulièrement sur la défiance des Français face à une politique dans laquelle ils ne croient plus. Le lien brisé entre les Français et la politique. Une méfiance, une défiance pas toujours justifiée quand on voit le travail abattu par les députés rencontrés, mais bien réelle. Le manque d’envie de s’engager en politique pour les uns, le manque d’intérêt pour les autres qui ne votent plus.

Palais Bourbon est une excellente bande dessinée, pédagogique et drôle à lire pour les jeunes et les moins jeunes.

L’interview de l’auteur sur Actuabd.

La couverture de la bande dessinée Palais Bourbon