Gung Ho

Gung Ho est une bande dessinée en cinq tomes, finie, mais qui ouvre quand même de très larges perspectives sur une suite, avec un dessin magnifique et coloré. La bande dessinée s’inspire très largement de ce qu’on a pu voir ou lire sur les mondes post-apocalyptiques, notamment sur les zombis, il est difficile de ne pas faire le rapprochement par exemple avec the Walking Deads. Comme il est nécessaire de se distinguer, la série fait le choix d’avoir des héros adolescents et de ne pas affronter des morts vivants mais des espèces de singes tueurs sortis d’on ne sait où. La menace d’ailleurs est très bien amenée, la montée de stress se fait progressivement avant de découvrir qui est réellement l’ennemi.

Les héros sont deux frères de 16 et 18 ans, renvoyés de l’orphelinat de la ville pour aller dans une colonie reculée, à proximité de la zone dangereuse. Dans ce camp, qui est celui de la dernière chance, ils vont devoir suivre les règles de la collectivité surtout comprendre l’envers du décor. De l’intendant indéboulonnable qui abuse des adolescentes, à l’intraitable chef de camp qui fait tourner la communauté, en passant par les autres jeunes qui ne leur réservent pas tous un bon accueil, les relations et les interactions sont complexes. Nos deux frères sont particulièrement indisciplinés et vont amener avec eux, un vent de révolte auprès de cette jeunesse qui risque sa vie tous les jours mais qui veut vivre.

Gung Ho n’est pas une bande dessinée très originale dans le sens où l’on présente les tensions inhérentes dans une société qui tient plus de la prison, où la survie fait loi. Les personnages même s’ils sont à la limite de la caricature sont bien travaillés, les dialogues sont percutants, c’est assez drôle avec quelques cliffhangers bien sentis, à l’américaine. Le travail graphique comme je l’ai écrit en introduction est remarquable, certaines planches font parfois penser à des photos ou à un mélange de réalité et de dessin du plus bel effet. La construction initiale de la bande dessinée était prévue sur cinq tomes, je regrette pour ma part l’absence de suite ou de révélations sur l’univers. Il faut en effet considérer la bande dessinée du même point de vue que les Walking Deads où c’est uniquement la survie des personnages qui est mise en avant et pas les origines ni la résolution du mal.