Quand le Sahara était vert !

Ben : Il est temps pour moi de vous faire découvrir une nouvelle chaîne Youtube. La dernière fois nous étions avec Simon (Le Phare à On), aujourd’hui je vous propose de découvrir une autre chaîne de qualité : Passeport pour hier. Elle est tenue par Elsa Galinier, diplômée en géoarchéologie. Son concept est très original car elle mélange Histoire et environnement. Elle parle aussi bien des poux dans l’armée napoléonienne, de la pollution engendrée par la guerre, de l’archéologie glacière etc.

Je lui passe le clavier afin qu’elle puisse vous présenter sa vidéo sur « Le Sahara vert »

Elsa : Merci Ben ! Aujourd’hui nous connaissons le Sahara comme une immense étendue désertique. Pourtant il y a environ 12 000 ans, celui-ci ressemblait plutôt à une vaste savane et praire semi-désertique parcourue par des rivières et des grands lacs. Ces changements sont dus au fait que la Terre à cette époque a vu une augmentation de son ensoleillement, permettant au système de mousson d’être plus puissant et de migrer vers le nord. Les régions du Sahara et du Sahel connaissent alors des périodes de pluie intenses, ce qui permet au système hydrographique d’être alimenté en eau et ainsi faire pousser la végétation. On appelle cette phase, la « Période Humide Africaine ».

Les populations humaines et animales s’adaptent à ces changements entre Sahara désertique et Sahara humide. Car dans l’histoire il a été « vert » plusieurs fois !  Ainsi si nous avons des traces d’occupation très anciennes dans le Sahara ; entre -20 000 et -10 000 ans il n’y a pas de trace de peuplement car le climat est trop aride, les Hommes se trouvent plutôt proche du Nil ou de la Méditerranée.

Cette humidité retrouvée il y a 10 000 ans attire les populations, qui sont alors des chasseurs-ceuilleurs-pêcheurs, à revenir sur le territoire et progressivement l’occuper. Des industries lithiques, des poteries ou encore des hameçons et des harpons ont été mis au jour sur des sites archéologiques qui ont aujourd’hui les pieds dans le sable. L’un des plus beaux témoignages qu’ils nous ont laissé est l’art rupestre (peintures et gravures sur roche en plein air), représentant la faune sauvage qui les entourait, tel que des girafes, des éléphants et également des poissons. C’est donc un précieux témoignage de cette période « verte » !

Cependant, vers -7500 ans une amorce de désertification s’enclenche. La météo n’est plus aussi favorable, les pluies diminuent. Les populations préhistoriques vont s’orienter vers le pastoralisme, l’élevage  d’animaux, afin d’avoir une ressource en nourriture stable. Elles sont également nomades afin de chercher des zones géographiques propices pour alimenter leur bétail. En témoigne l’art rupestre où l’on voit des hommes accompagnés de troupeaux de bovinés.

A l’inverse du Néolithique du Proche-Orient, le Néolithique saharien voit apparaître seulement des éleveurs nomades et ne sera jamais complété par l’agriculture, excepté dans la vallée du Nil où les populations s’orientent à mesure que la désertification s’intensifie. Progressivement le Sahara est délaissé et les populations se rendent au nord, au sud, à l’ouest mais ils s’éloignent de cet endroit qui devient difficile à vivre !

Cette période humide se termine il y a environ 4 000 ans, le Sahara devient le désert que nous connaissons encore de nos jours, les populations continueront néanmoins de le traverser et à partiellement l’occuper.

Ben : Super merci pour la présentation. Je vous laisse cliquer sur la vidéo pour en savoir plus !