La mauvaise et inquiétante communication de Microsoft autour de Windows 11

Windows 11, le système d’exploitation qu’on n’attendait pas.

Si vous suivez un peu l’actualité informatique vous aurez difficilement échappé à la sortie de Windows 11. Sortie qui arrive sous peu et c’est déjà un premier problème. Microsoft avait expliqué que Windows 10 était le dernier système d’exploitation de la marque. Il ne devait pas y avoir de nouvelle version. On cassait le cercle infernal : sortie, obsolescence, passage à la caisse, obsolescence. On aurait pu y croire puisque la mise à jour de Windows 7 vers Windows 10 était gratuite. Une fois de plus Microsoft nous montre qu’elle est bien trop attachée à son cycle et pour cause.

Le cycle infernal

J’avais expliqué dans un billet, qu’on poussait vers l’abonnement, au renouvellement, pour la simple et bonne raison que si on se contentait de programmes qu’on a achetés il y a 20 ans, les géants de l’informatique auraient déjà fait faillite. Maintenir les utilisateurs dans un cycle, c’est forcer au renouvellement du matériel. Prendre de nouveaux services, à en imposer d’autres. C’est tout simplement forcer la consommation. Car avec la sortie de Windows 11 c’est la mort programmée de Windows 10, en 2025. La mort d’un système d’exploitation n’est pas anodine même si certains vous diront qu’ils continuent d’utiliser WIndows 7.

Lorsqu’un système d’exploitation est abandonné, les mises à jour de sécurité ne sont plus faites. À l’époque des cryptovirus et des très nombreux dangers informatiques, c’est un risque qu’il ne faut pas prendre lorsqu’on trouve des failles au quotidien sur des logiciels à jour.

Une machine toute neuve sinon rien.

Alors effectivement on peut se dire que 2025 c’est loin, mais pas tant que ça. C’est dans moins de quatre ans. La problématique ici annoncée par Microsoft c’est la configuration matérielle obligatoire qu’il faudra pour faire tourner Windows 11. Concrètement pour fonctionner, Microsoft impose des processeurs de huitième génération, ainsi qu’une fonctionnalité appelée TPM dans une version 2.0. Il s’agit d’une puce permettant de garantir un certain niveau de sécurité. Si vous avez lu mon article sur les machines d’occasion, vous savez qu’on peut faire tourner Windows 10 sur d’anciens PC de façon parfaitement fluide. Par exemple, ma configuration est à base de core i5 de quatrième génération, c’est-à-dire des processeurs de 2013.

Alors qu’il avait été dit par Microsoft que le système d’exploitation serait moins gourmand, c’est le contraire. On peut supposer que toutes les machines d’avant 2017 seront totalement obsolètes et ne pourront pas passer à Windows 11. C’est le cas pour mon PC qui ne m’a coûté que 100 €. Mais c’est aussi le cas pour des utilisateurs de tablette surface du même Microsoft ou d’ordinateurs gamers relativement récents payés plusieurs milliers d’euros.

Votre prochaine machine pour faire tourner Windows 11. J’exagère un peu.

Des centaines de millions de PC obsolètes.

À l’heure actuelle, le nombre d’utilisateurs de PC, donc d’appareils sous Microsoft est de plus de 1 milliard. Si Microsoft mettait sur le carreau ne serait-ce que 200 millions de personnes, c’est colossal. Cela représente quasiment le double des utilisateurs de PS4. Cet exemple n’est pas pris au hasard. J’expliquais que Sony face à la pénurie de composants ne pouvait pas abandonner 130 millions de possesseurs de PS4. Et c’est le cas, au point de ne pas sortir d’exclusivité sur PS5 et ne léser personne. Microsoft avait créé un logiciel pour vérifier la compatibilité de la machine. Celui-ci a mal fonctionné, des gens ont commencé à faire remarquer que des machines puissantes et récentes n’étaient pas compatibles. La grogne a commencé.

Windows 11 ça dépend ça dépasse.

Microsoft a plus ou moins rétropédalé en retirant l’outil et en expliquant qu’il y aurait deux niveaux de compatibilité. Un qui permettrait de passer sous Windows 11 en jouissant de toutes les possibilités. L’autre moins, mais sans davantage de précision. L’amateurisme de Microsoft qui vient de semer un grand coup de panique chez les utilisateurs de PC est totalement honteux. C’est d’autant plus honteux que sur le marché du PC, le secteur devient de plus en plus concurrentiel. Les Chromebooks de chez Google, bien meilleur marché se vendent comme des petits pains.

Une réflexion pour les consommateurs.

Avec des spécifications revues à la hausse, les machines vont coûter beaucoup plus cher. Le consommateur plutôt que d’acheter une machine Windows pourrait être tenté par un Chromebook bien moins cher. La politique est claire, le cycle de vie des Chromebooks est défini par avance, pas de mauvaise surprise. On notera d’ailleurs que dans les avancées pour Windows 11, la possibilité de lancer des applications Android. C’est déjà le cas dans les Chromebooks.

Pour des gens comme moi qui s’inscrivent dans le développement durable, Windows 11 est mauvais. Soit en 2025 Microsoft a totalement revu sa copie, soit je repasserai sous une distribution Linux. Ubuntu par exemple qui ne m’imposera pas la consommation obligatoire et me permettra de faire durer mon matériel.

Windows 11 détruit la forêt amazonienne, tue les bébés phoques et les ours blancs.

Ce que programme Microsoft est pour ma part catastrophique. Avec un icore 3 de première génération et un SSD, Windows 10 tourne sans aucun problème. Il s’agit de machines pourtant datées de 2010. Le nombre de PC mis au rebu risque d’être réellement conséquent. De l’obsolescence programmée par le logiciel quand le matériel peut encore parfaitement fonctionner. Il faudra espérer que les gens ne suivent pas et s’orientent vers des solutions alternatives qui n’imposent pas ces cycles infernaux et qui permettent de tirer parti du hardware jusqu’à son dernier souffle.