Detox

Jim alias Tehy est un auteur que j’ai eu l’occasion de rencontrer il y a plus de 25 ans à Montpellier, il sortait à l’époque une série fantastique du nom de la teigne, dont on a jamais vu la fin. Malheureusement la bande dessinée est un monde difficile, en vivre est très compliqué, beaucoup d’auteurs vivent avec le RSA. Triste de se dire que des gens avec autant de talent ne puisse vivre de leur passion, à peine survivre. Comme il faut bien manger, Jim a fait de la bande dessinée humoristique que je qualifierai d’alimentaire, des blagues potaches où il n’était plus aux commandes du dessin. C’est bien plus tard qu’il va rencontrer un véritable succès avec des bandes dessinées sur l’amitié, l’amour, comme une nuit à Rome ou l’invitation qui a été adaptée au cinéma avec Nicolas Bedos. Detox est dans la même veine, croquer la société sur la base d’une histoire simple, une histoire vraie comme souvent, puisque l’auteur se base souvent sur une anecdote racontée par un ami, puis il brode autour. Mathias est un homme d’affaires qui vit à cent à l’heure, tabac, alcool, fête, secrétaire, travail à fond, son médecin lui prédit un AVC. Le jour où c’est sa secrétaire qui meurt au bureau, il taille la route pour aller au fin fond de la campagne et suivre un stage de détox, loin des téléphones, des technologies, de la nourriture et des excès.

Detox est une critique qui se moque en fait d’un peu tout le monde. De notre rythme de vie où l’idée c’est d’en avoir toujours plus, de regretter le temps qu’on n’a pas, mais néanmoins de toujours revenir à ce mode de vie, à la course. L’idée sous-jacente c’est que nous nous mettons nos propres chaînes et qu’ils sont peu à avoir la capacité de stopper le cycle infernal travail, consommation. À l’opposé, on se moque aussi des stages spirituels, qui n’ont rien de gratuit, de la communion avec la nature, mais aussi des naturistes, des écologistes extrémistes qui s’enferment dans une autre bulle pas si différente des obsédés de la consommation.

Comme toujours les bd de Jim sont plaisantes, celle-ci n’échappe pas à la règle.