Un homme comme un autre

Yann est un père « moderne », séparé de sa compagne, il essaie de participer à la vie de sa fille comme il peut entre un nouvel emploi d’architecte et une aventure un peu plus sérieuse que les autres. Un jour il constate que les poils de sa barbe disparaissent, que sa poitrine pousse, en bref il se transforme en femme. Ce dérèglement hormonal trouverait son explication dans la pollution, les perturbateurs endocriniens. Je pense que c’est inspiré de différents faits d’actualité où l’on avait constaté que la pollution entraînait le changement de sexe chez les poissons.

La bande dessinée dépeint la société de façon dure mais peut-être réaliste, dans un contexte d’attentat qui éclate au début de l’album, paranoïa est partout. Le monde du travail avec les vieux qui ne veulent pas se faire bouleverser par les jeunes, la séparation mais aussi les gays et lesbiens. Yann se transformant naturellement en femme est vu comme un transsexuel, il est rejeté d’une part et de l’autre on lui demande d’apporter son soutien au mouvement, une forme d’instrumentalisation. Personne n’est épargné dans cette bande dessinée qui croque le monde actuel cruellement, peut-être un peu trop. La sensation que le lecteur prend tous les problèmes d’un coup, que tout ne se focalise pas sur la maladie, puisque le contexte de l’attentat est travaillé tout au long de l’album. J’ai dévoré la bande dessinée car on est intrigué par cette histoire d’homme qui se transforme en femme. Néanmoins l’oppression permanente avec la volonté de déballer tous les problèmes de la société, j’ai la sensation qu’on part peut-être trop dans toutes les directions de façon à faire passer un message fort, celui qui dit que le monde va mal mais sans apporter de solution ou de morale. Une bande dessinée différente qui intrigue, qui fait réfléchir, à lire.