Hikikomori et syndrome de la cabane

On compterait au Japon plus de 500 000 Hikikomori, c’est-à-dire des gens qui ont pris la décision de vivre à l’écart, de vivre dans l’isolement et ne plus quitter leur appartement. Ce phénomène propre au Japon s’explique pour de nombreuses raisons, mais c’est certainement la difficulté de la société japonaise qui passe devant. La pression exercée sur les gens à l’école, dans le travail est telle, qu’il n’est pas rare d’avoir des enfants qui se suicident. Un court reportage pour comprendre le phénomène.

Avec le confinement, certaines personnes sont restées cloîtrées chez elles pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, et peut-être plus pour des gens dont le secteur d’activité n’a pas permis de reprendre une vie sociale « classique ». Alors que certaines personnes n’en peuvent plus et attendent de revoir un maximum de gens, de faire la fête, d’autres ont pris goût à un mode de vie différent, un mode de vie où ils sont à l’isolement loin des gens et du monde. Quand le retour à la vie normale promis est pour bientôt avec l’accélération de la vaccination, certaines personnes ont désormais peur de retrouver le monde, de voir du monde, de reprendre les transports en commun, d’avoir une vie sociale. C’est ce qu’on appelle le syndrome de la cabane.

Le site de France 3 propose un long article sur la thématique, Confinement : on vous explique ce qu’est le syndrome de la cabane qui inquiète les psys et comment l’éviter. À la lecture de cet article j’ai de suite fait le rapprochement avec le phénomène japonais. Les psychologues font l’analyse que de petites angoisses, de petits troubles ont explosé avec le confinement et se sont transformées en phobie du monde. Il est intéressant de se dire que le phénomène au Japon est connu depuis les années 80, ce qui prouve bien la terrible difficulté psychologique dans laquelle vivent les japonais puisque le phénomène est nouveau chez nous et en lien avec le confinement.

Le confinement a été une épreuve pour tout le monde car il a forcé les individus à se recentrer sur eux-mêmes, à faire le tri dans ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Pendant de nombreuses années encore nous pourrons observer les conséquences heureuses ou non de cette période.