bande dessinée : puisqu’il faut des hommes

Nous sommes en 1961, Joseph rentre de la guerre d’Algérie dans son village, il n’est pas vraiment le bienvenu. À la ferme, un drame s’est produit durant son absence, son frère promis à une belle carrière cycliste a eu un accident de tracteur, il est désormais paralysé. Tout le monde considère que Joseph est coupable, s’il ne s’était pas engagé il aurait pu continuer d’aider et un tracteur n’aurait pas été nécessaire. Joseph jugé comme un planqué pour son poste dans la bureaucratie et pas dans les combats, Mathilde sa fiancée qui n’a jamais reçu ses lettres va se marier avec le fils du boucher.

Malgré les commentaires, malgré les moqueries, Joseph tient bon et pourtant il y a quelque chose de peu cohérent avec son histoire de poste derrière la ligne du front. Les cauchemars, la violence qui démarre au quart de tour, et si finalement Joseph cachait un lourd secret ?

Puisqu’il faut des hommes est une histoire sur la guerre d’Algérie, elles sont plutôt rares dans la culture française. L’Algérie, colonie française a voulu récupérer son indépendance et s’est lancée dans un conflit armé avec la France de 1954 à 1962. 250 000 algériens tués, des tortures, la France n’est pas fière de son passé colonialiste, un passé relativement récent et qui suscite encore aujourd’hui des polémiques. Le conflit prendra fin en 1962 avec les accords d’Evian qui mettront un terme à 132 ans de colonisation française.

Avec à peine 68 pages, puisqu’il faut des hommes est un récit puissant malgré les très nombreux clichés.