Manga : Ranma nibun no ichi

Ranma nibun no ichi ou ranma 1/2 est un manga de Rumiko Takahashi dont la parution a démarré en 1987. La date n’est pas anodine puisqu’à la même époque les références sont Dragon Ball et Saint Seiya. Dragon Ball reste un manga assez drôle surtout dans les premiers épisodes. Saint Seiya quant à lui avec le sens du devoir, les combats de chevaliers, se prend davantage au sérieux. Avec Ranma, Rumiko Takahashi fait le choix de la parodie et de la comédie permanente avec un postulat assez original. On notera que Rumiko Takahashi est une femme ce qui est plutôt rare dans cet univers

Ranma 1/2 moitié soleil et moitié nuit

Ranma est un spécialiste des arts martiaux qui sillonne le Japon avec son père pour améliorer ses techniques. Un jour alors qu’ils s’entraînent à proximité des sources maudites, ils tombent dedans et c’est le drame. Lorsque Ranma reçoit de l’eau froide dessus il se transforme en fille. Pour retrouver son corps de garçon il doit recevoir de l’eau chaude.

Ranma doit reprendre le dojo Tendo, dont il doit reprendre la succession. Son propriétaire, ami du père de Ranma a trois filles, il doit épouser l’une d’elle. C’est Akane qui est choisie, la plus jeune. Un garçon manqué qui pratique, elle aussi, les arts martiaux. Elle n’est pas du tout ravie de cette union arrangée et entretient des relations particulièrement conflictuelles avec Ranma. Il faut comprendre que conflictuelle dans le manga c’est en venir aux mains.

Il faut dire qu’avec Ranma tout est défi et il faut qu’il remporte la victoire quoi qu’il arrive même s’il s’agit de concours ridicules où il utilise son corps de fille : cuisine, gymnastique, patinage artistique. Pour réussir Ranma est prêt à tout, et même si c’est un garçon courageux, viril, Il n’hésite pas à utiliser ses seins pour déstabiliser son adversaire ou mettre des petites culottes féminines pour gagner ses combats.

Ranma et son père une grande histoire de baston

De très nombreux personnages

Le manga Ranma est décliné en histoires plus ou moins courtes où vont s’enchaîner de très nombreux personnages. Ils sont pour la plupart issus du passé de Ranma et de son père. Shampoo par exemple est une fille de la tribu des guerrières. Elle a été battue par Ranma si bien qu’elle n’a d’autre possibilité que de l’épouser. Elle se transforme en chat quand elle est mouillée, pas de chance, c’est la seule crainte de Ranma. Ryôga quant à lui est le concurrent de Ranma. « Amis » d’enfance, ils ne cessent de se provoquer pour savoir qui est le meilleur. Ryôga quant à lui est tombé dans une source qui le transforme en cochon. Il est secrètement amoureux d’Akane la fiancée de Ranma.

La version française se décline en 38 tomes où les personnages intriguent autour de Ranma et d’Akane entre l’amour et les combats. Le fil conducteur étant la relation entre les deux héros où le lecteur est dans l’attente d’une véritable déclaration d’amour.

J’évoquais plus haut Dragon Ball et Saint Seiya, les références y sont assez nombreuses. Mousse par exemple ressemble à s’y méprendre à Shiryu de Saint Seiya. Le chevalier du dragon finit aveugle à un moment donné dans l’aventure. Mousse est totalement myope et sans ses lunettes il confond tout. L’aspect parodique est profondément marqué et les inspirations du monde du manga sont nombreuses, la parodie permanente.

Face à la censure

Ranma 1/2 fait partie des mangas cultes, parmi les premiers à être arrivés en France notamment à la télévision Française où il a été largement censuré. Comme je l’ai écrit les personnages sont souvent nus, des poitrines sont affichées, si bien que le dessin animé présenté dans les émissions de jeunesse a vu de nombreuses scènes être coupées au point de le rendre incompréhensible.

Avec du recul, on réalise que Ranma 1/2 est bien un manga d’une autre époque. Il ne passerait pas aujourd’hui dans une période de cancel culture où tout change profondément. On vient d’apprendre par exemple que Dragon Ball est désormais hors la loi en Espagne.

Les stéréotypes entre les hommes et les femmes sont trop marqué. La présence de certains personnages dérange. On peut penser à Tortue Génial, un pervers comme il en apparaît régulièrement dans la culture du manga de cette époque. Dans Ranma on va beaucoup plus loin. Happosai est le maître du père de Ranma et de celui d’Akane, il est typiquement le personnage qui n’a plus sa place en 2021. Il vole des culottes, il entre dans les vestiaires des filles, il transforme Ranma en fille pour se coller à sa poitrine.

En relisant le manga, il apparaît que la culture du viol est omniprésente. Des personnages qui sont drogués, des garçons qui essaient d’embrasser les filles de force. La ligne de défense des auteurs et des fans de Dragon Ball, c’est que les réactions des femmes sont très violentes. Elles montrent qu’elles savent se défendre, c’est tout de même particulièrement marqué dans la série.

Un manga culte

Ranma est une très bonne comédie pour qui est à même de l’apprécier. J’ai envie de dire que c’est comme lire Tintin au Congo totalement décrié pourtant il fait partie du patrimoine. Il s’agit d’une autre époque. L’humour était différent, on s’attachait peu au résultat final, au message qu’on voulait véhiculer pour se concentrer sur l’effet immédiat. Le divertissement. Avec du recul, il est certain que la moralité du manga n’est pas formidable, que les valeurs véhiculées ne sont pas toujours les bonnes, mais si on fait abstraction pour se concentrer sur le divertissement, on a une série particulièrement plaisante et amusante.