Déchiffrer les hiéroglyphes avec « Le Phare à On » !

Ben : Aujourd’hui on a le grand plaisir d’accueillir un invité exceptionnel : Simon Thuault de la chaîne d’Histoire « le Phare à On ». Vous y trouverez des vidéos sur les dieux égyptiens, sur les pharaons et les dynasties, mais aussi sur les liens qui unissent Rap et Égypte antique !

Logo de la chaîne de Simon

Simon est docteur en égyptologie et vient de publier sa thèse sur « La dissemblance graphémique à l’Ancien empire » ! Euh…Simon, ça veut dire quoi « dissemblance graphémique » ?

Simon : Tout d’abord, il faut savoir que les hiéroglyphes égyptiens se composent de trois types de signes. Les plus connus sont les « logogrammes », ou « idéogrammes ». Ce sont ceux qui représentent directement ce qu’ils désignent : par exemple, le bœuf (ci-dessous) servira à noter le mot « bœuf ».

« Bœuf »

Les plus nombreux sont les « phonogrammes », c’est-à-dire des signes qui notent des sons, comme des lettres ou des syllabes. Par exemple, le mot ânkh, « vie », peut s’écrire à l’aide de 3 hiéroglyphes notant les sons â + n + kh (voir ci-dessous).

Enfin, la troisième famille de signes comprend les « classificateurs ». Ces signes sont ajoutés à la fin des mots pour indiquer leur catégorie sémantique, c’est-à-dire le champ lexical auquel ils appartiennent : oiseaux, architecture, navigation, nourriture, etc. Cela est très pratique pour distinguer les homonymes, mots qui s’écrivent de la même manière ! Ainsi, le mot saou peut à la fois signifier « surveiller » et « amulette ». Pour les distinguer, on ajoutera, à la fin du premier, un classificateur représentant un berger en train de surveiller son troupeau :

« Surveiller »

tandis que le second prendra un classificateur en forme d’amulette :

« Amulette » (marche aussi sur Koh-Lanta)

La « dissemblance graphémique », c’est quand un mot reçoit plusieurs classificateurs différents. Par exemple, le mot apédou signifie « volailles ». D’habitude, il est écrit avec un canard ou une oie :

« Elle est où la poulette ? »

Mais parfois, on le rencontre avec trois espèces de canards différentes ! Mon travail, c’est donc de décrire ces cas un peu particuliers et d’expliquer pourquoi les scribes ont choisi de mettre plusieurs signes au lieu d’un seul, et surtout pourquoi ils se sont embêtés à en mettre trois différents, là où ils auraient pu se contenter de recopier la même chose !

Ben : Ah oui…ils aimaient bien se compliquer la vie les Égyptiens ! Aujourd’hui tu nous présentes ta vidéo sur les hiéroglyphes. Pourquoi est-ce qu’ils fascinent autant ?

Simon : Les hiéroglyphes égyptiens fascinent depuis bien longtemps puisque déjà du temps d’Hérodote et de Platon, au Ve siècle av. J.C., les voyageurs grecs ont exprimé leur étonnement face à cette écriture faite d’images et de signes étranges… Selon eux, les inscriptions égyptiennes étaient composées de symboles qu’il fallait décrypter pour accéder aux connaissances secrètes des Égyptiens, un peuple a l’histoire millénaire. De l’Antiquité à l’époque moderne, en passant par le Moyen Âge, l’idée selon laquelle l’écriture des Anciens Égyptiens était composée de symboles magiques et qu’elle dissimulait des secrets semblait évidente. On sait aujourd’hui que ce n’est pas le cas, mais la question passionna les savants de toutes les époques, jusqu’à 1822 et le déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion, un jeune égyptologue français…

Ben : Merci Simon ! Maintenant si vous voulez en apprendre plus sur l’histoire du déchiffrement des hiéroglyphes je vous invite à voir la vidéo ci dessous !

A voir absolument !